aujols-Laffont

Un Ariégeois échappe aux cannibales !

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(L'Ariégeois du 6 Mai 1857)

 

La Nouvelle Calédonie n'est « possession française » que depuis 1853 et l'intérieur des terres, surtout dans la chaîne montagneuse qui la traverse en partie, rien n'est sûr.

Il faut dire à la décharge des Canaques (chez qui j'ai vécu et enseigné pendant 5 ans) que tous les déboires des intrus que nous étions, ne leur étaient pas imputables ! Ainsi, l'équipage de Cock pêcha de magnifiques poissons et s'en délectèrent mais ces poissons étaient « gratteux »(comme on dit là-bas) pour avoir mangé des fleurs de corail et l'équipage fut atteint par la ciguattera, sans remède, certains en moururent et les autres fuirent croyant à un empoisonnement délibéré ! Ce n'est pas la faute des autochtones, eux, savent faire le tri des poissons et ont même le seul remède efficace de nos jours en cas d'infection : le faux tabac. Remède indiqué même par les médecins européens de nos jours (les injections lentes de calcium en intraveineuses dont nous disposons sont beaucoup plus lentes à guérir ; je le sais d'expérience!)...

 

Revenons-en à ce cher Apollon Abribat, il semble être le seul à s'être sorti de ce très mauvais pas : pourquoi ?

Essayons d'abord d'en savoir plus sur lui, puis sur l'article de « L'Echo du Pacifique » dont « L'Ariégeois » du 6 Mai 1857 nous donne un résumé bien maigre !

 

Voici son acte de naissance :

 

° Abribat Apollon 1819 1.PNG

° Abribat Apollon 1819 2.PNG

 

Voyons ensuite s'il est revenu finir sa vie « au pays », en tous cas pas avant 1902, ce qui lui aurait fait atteindre le bel âge, pour l'époque de 83 ans. Pas non plus de mentions marginales pour nous aider...

 

Allons sur le CAOM, à tout hasard, car je connais depuis longtemps l'état déplorable des archives calédoniennes pour y avoir fait des recherches dans les années 1980. Sans surprise, rien. Essayons Family search, au cas où notre homme ait eu envie de bouger, rien.

 

Alors, allons vers les journaux pour essayer de retrouver un récit plus détaillé et là en 1857, on trouve dans « The Hobart Town Mercury » daté du 4 Février, un récit intitulé « Life among the cannibals of New Caledonia ». Il s'agit d'une lettre envoyée de Canala et datée du 1° Mars 1856 adressée à un médecin non dénommé et émanant d'un « french gentleman ». Cette lettre a été adressée, par le journal de Hobart, au « Messager de Tahiti » et pourrait être à l'origine du résumé de « L'Ariégeois ».

 

 

Seulement, dans cette lettre, le scripteur ne paraît pas être « otage » de la tribu mais bien vouloir s'y installer et d'y disposer d'une maison superbe, selon le Commandant de « La Prévoyante » qui jette l'ancre dans la baie et  vient lui rendre visite (c'est le seul blanc à l'époque !)

Mais comme la lettre adressée au médecin n'est pas signée... est-ce bien notre Apollon de Sainte Croix ?

Voici l'article du Hobart Town Mercury :

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(The Hobart Town Mercury du Mercredi 4 Février 1857 p3)

 

Pourquoi a-t-il été le seul à survivre ? L'Ariégeois l'indique : "ayant été donné en cadeau à une tribu de l'intérieur", il ne peut, selon la coutume Canaque, être mis à mort, on ne détruit pas "un cadeau"!



11/05/2017
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