aujols-Laffont

Des contrats d'apprentissage au XIX°

 La loi de 1791 (dite loi d'Allarde) qui  abolit les corporations n'a aucun impact dans les vallées puisque les "maîtres" ne sont que des artisans renommés, sans affiliation à une corporation.

Par contre, la résistance du père à se priver de bras pour l'oustal existe toujours ! Un enfant en apprentissage ou à l'école est un enfant qui ne sert plus à rien pour la famille !

Là, nous avons 4 contrats entre 1815 et 1881 et 4 métiers : taillandier, cloutier, cordonnier et maçon.

 

Quels sont les engagements du maître et ceux de l'apprenti ?

 

Le maître s'engage à :

 

taillandier 1.PNG

 

« volontairement que ledit Galy Fals promet et s'oblige de montrer le métier de taillandier à Jean Galy Fajou, fils dudit Galy Fajou pendant l'espace de 5 ans à compter de ce jour, lequel Galy Fals nourrira et entretiendra à ses frais et habillera et chaussera pendant lesdites 5 ans ledit Galy Fajou fils... »

 

Et l'apprenti de son côté et sous couvert de son père s'engage :

 

engagement apprenti.PNG

 

« Ledit Galy Fajou père promet et s'oblige de faire rester pendant lesdits 5 ans son dit fils chez ledit Galy Fals pour y apprendre ledit métier de taillandier pour que ledit Galy Fals puisse rien exiger desdits Galy Fajou, père et fils que travail de ce dernier... »

 

Un très bon arrangement pour le père (qui ne paie rien et a une bouche de moins à nourrir), certes si son enfant ne gagne rien pendant 5 ans (un apprentissage très long!), il ne coûte pas. Par contre, il semble que le jeune ne va pas manquer d'ouvrage :

 

taillandier 2a.PNG

 

taillandier 2b.PNG

«  que ledit Galy Fals pourra employer ledit Galy Fajou fils pendant deux ans et demi, à compter de ce jour, non seulement au travail de la boutique mais encore au travail de la campagne, soit chez lui soit au dehors ... »

 

Tout cela promet 5 ans bien employés...sans salaire, que le gîte et le couvert ; sans doute ni pire ni meilleur qu'à l'oustal !

Mais pourtant, au bout de ces 5 longues années, il aura une gratification et pas des moindres :

 

taillandier entretien.PNG

 

« cette première année ledit Galy Fajou fournira à son dit fils les vêtements linges et chaussures nécessaires ; ledit Galy Fals à la fin des 5 ans l'habillera à neuf de bure et lui donnera une paire gros souliers neufs ferrés... »

 

Et les autres sont-ils mieux lotis vers la fin du siècle (2 contrats de 1879 et un de 1881) ?

Pour le cloutier, il pourra toujours migrer vers la vallée de la Barguillière et se faire embaucher dans les petites entreprises qui prospèrent dans le bas pays. Les termes de son contrat semblent plus impératifs ; est-il une « forte tête » ?

 

cloutier 1.PNG

 

« pour l'espace de 15 mois promettant obéissance et docilité à suivre les avis et les ordres qu'il recevra de son maître, afin d'apprendre de son mieux tout ce qui lui sera enseigné pour la pratique de son métier... »

 

Et puis en cette fin de siècle, on commence à se soucier des rupture de contrat pour cause de maladie grave, dans ce cas, le contrat semble caduc et sans indemnités :

maçon maladie.PNG

" Si pendant les deux années ledit Jean Degeilh Auragnou était atteint d'une maladie grave qui le mit dans l'impossibilité de continuer son apprentissage, le présent sera considéré comme non avenu..."

 

Le contrat de ce jeune futur maçon semble le plus avantageux, nous sommes en 1881, certes comme les autres, il doit obéissance et ne gagne « pas un radis » mais il a un mois de vacances !!! En Août, ne vous réjouissez pas trop et lisez plutôt :

 

maçon vacances.PNG

 

« ces engagements seront suspendus chaque année pendant le mois d'Août, l'apprenti devant se retirer dans sa famille les travaux de fenaison. »

 

Bon d'accord, les « vacances » (mais en 1881, connaît-on ce mot ? Il me semble apparaître en 1936, non?) vont être besogneuses !

 

En tous cas ces jeunes auront « plusieurs cordes à leur arc » et pourront trouver des emplois mieux rémunérés s'ils migrent.

Qui peut se passer d'un maçon, d'un cordonnier ou d'un cloutier, en Algérie alors que la colonisation « bat son plein » !

A moins qu'ils n'aillent beaucoup plus loin...



11/02/2018
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