aujols-Laffont

B comme... bouilleur de cru (aguardente en patois)

Au XIX° siècle, la vallée de Massat vivait en quasi autarcie de polyculture (grains et pommes de terre essentiellement) et d'élevage ovin, caprin et bovin pour les plus aisés. Même dans les bonnes années, la récolte permettait peu de revente, dans les mauvaises la disette pouvait survenir : un dicton affirme que celui qui cultive des terres de montagne rit un an et pleure 7 ans...

Il était donc impératif de compléter les revenus et de se procurer " du numéraire métallique", comme disent les notaires, pour acquitter les impôts, acheter quelque outillage et payer les dots. Les hommes partaient donc faucher, moissonner et vendanger en Espagne ou dans les plaines de l'Aquitaine ou du Languedoc mais certaines vallées avaient des spécialités plus "originales" : les montreurs d'ours venaient d'Ercé, d'Oust et d'Ustou, les bouilleurs de cru de Massat.

 aguardente.PNGBien avant les magnifiques machines en cuivre que l'on peut admirer dans les musées (Musée Pyrénéen à Niaux ou Les Forges de Pyrène à Foix) mais qui nécessitaient une traction animale, l'aguardente portait sa chaudière. Il quittait la vallée à l'automne pour aller transformer prunes, poires, pommes et raisins en eau de vie dans les plaines du Languedoc où il séjournait deux ou trois mois. Il en revenait avec quelque argent et du vin. On disait "aller à la chaudière" ou en patois "qu'anabon a la caoudièro"

Les archives notariales recèlent parfois de bonnes surprises, voici une reconnaissance de dette (du 9 Juin 1835) pour la commande d'une chaudière en cuivre destinée à Jean Claustre Peyas, habitant du col Dourben et fabriquée par Jean Galy Briulat 

chaudière.PNG

"... nous a déclaré devoir au sieur Jean Galy Briulat, chaudronnier, habitant de Massat présent et acceptant la somme de 100 fr formant le prix intégral d'une chaudière en cuivre livrée par ce dernier audit Claustre Peyas..." (M° Espaignac 5E7705 n°154 AD 09)

Monsieur Toulze "Grabét" cite deux bouilleurs de cru de Biert : Jean-Baptiste Pages Garrigues "Gestou"  et Raymond Loubet Medaci qui exerçait encore à l'âge de 78 ans en 1910 mais il n'indique pas de quel matériel ils disposaient (A Biert, village d'Ariège autrefois .- e/dite, 2001 p.75 et p.163)

 



04/06/2015
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