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C comme Colporteur ou "Caïsho"

La "caïsho", littéralement la caisse, peut aussi bien désigner le coffre de mariage que le cercueil, mais c'est aussi ce que l'on appelle "la marmotte" dans d'autres régions : la caisse du colporteur.

Ils quittaient leur vallée pour gagner leur pain, leur vie ; ils n'avaient souvent pas un sou en poche... alors comment faire pour remplir la caisse ? Bien sûr, un crédit ! Mais auprès de qui? Leur parenté était pauvre comme Job! La maison Souquet à Soueix était une sorte de magasin général proposant tout ce qui pouvait remplir la "caïsho", elle fut en activité de 1824 à 1960 et possède ses propres archives. Donnée depuis à la Mairie par les héritiers, cette boutique est devenue un Musée du colportage ouvert depuis Juillet 2013. Allons le visiter et voir comment remplir une caisse :

Chaque colporteur semblait se spécialiser peu ou prou.

Qui dans la mercerie : boutons, rubans, fil, aiguilles, dés

 

DSCN1267 mercerie 3.jpg



Qui dans les objets de piété ; et là, l'apparition de la Vierge à Bernadette Soubirous, le 11 Février 1858, a donné un nouveau souffle aux affaires !

 

colporteur piété 2.png



Qui en remèdes divers et variés et en lunetterie : nul besoin d'attendre un rendez-vous chez l'ophtalmologiste (il me semble qu'il n'y a pas si longtemps, on disait l'occuliste), il suffisait d'essayer les verres que proposait le colporteur et de trouver celui qui améliorait la vision... ; pour les remèdes, aucune garantie d'efficacité mais c'était moins onéreux que le médecin, d'autant que les réclames proposaient de soulager plusieurs maux voire tous... avec une seule fiole !

 

 colporteur rémèdes 2.png

Une fois la caisse remplie, il fallait faire les comptes. Tous les articles assortis de leur prix étaient répertoriés dans un registre dit "livre bleu" au nom du colporteur qui ne payait qu'à son retour ; à lui de s'arranger pour un tirer un bénéfice, après avoir parcouru des centaines de kilomètres, sa caisse sur le dos.

Voici un fac-similé de ces listes exposé au Musée :

exemple des livres bleus colportage.PNG


Il fallait encore remplir une formalité pour éviter les ennuis durant le voyage. Les "vagueux" n'étaient guère appréciés au XIX° siècle et souvent soupçonnés d'être de possibles délinquants, il était donc obligatoire de se faire établir un passeport pour l'intérieur dès qu'on s'aventurait hors de son canton. Ce document rempli par la Mairie du lieu d'origine devait être visé auprès de la Maréchaussée à chaque halte ; la maison Souquet, dotée d'une organisation efficace, proposait ces carnets et, à partir des années 1880, le colporteur pouvait aussi demander des marchandises par courrier et les recevoir dans des relais en gare ou au bureau de poste, ce qui lui évitait d'avoir à revenir à Soueix pour compléter sa caisse. Encore fallait-il savoir écrire !

 

La majorité des colporteurs venaient de la vallée de l'Alet et du Garbet (comme les montreurs d'ours), ceux de Massat allaient plutôt "à la chaudière" et étaient bouilleurs de cru  (B en 2015). Seuls les habitants d'Aleu ont, semble-t-il, colporté leur fameuse pierre à aiguiser les faux.

 

    



19/05/2016
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