aujols-Laffont

Y comme Ysengrin

Il faut bien ruser ! Liadoure m'avait enlevé le L alors comment parler de cet autre prédateur redoutable qu'est le loup, sinon emprunter son nom au Roman de Renart !

J'avais aussi Yacht pour parler des émigrants vers les Amériques mais une troisième classe sur un bateau d'émigrants n'a qu'une parenté très éloignée avec un navire luxueux...

Donc, en plus de l'ours, sévissait (comme dans toute la France) le loup, redoutable compère, qui lui aussi décimait les troupeaux et ne négligeait pas une petite bergère en guise de repas. Alors, comme les loups reviennent en nombre de nos jours, un d'entre eux a été aperçu dans l'Aude au Printemps 2015, je m'empresse de vous donner les moyens de défense de nos Anciens :

Le loup n'aime pas la musique, plusieurs légendes racontent le retour nocturne d'un musicien ayant animé une fête de village et qui, suivi par une meute de loups, leur distribue toutes les victuailles dont on lui a fait don pour sa prestation. Las, les loups sont toujours à ses trousses, en désespoir de cause, il prend son instrument et en joue ; instantanément la meute disparaît... Le conte ne dit pas s'il jouait juste ou non mais ça vaut la peine d'essayer si l'on fait une rando avec une guitare !

Le loup n'aime pas les bruits de ferraille, or nos ancêtres récupéraient de vieux clous pour garnir les semelles de leurs sabots ce qui en ralentissait l'usure. Il faut donc se déchausser et frapper les sabots l'un contre l'autre pour effrayer les loups, seulement il faut continuer d'avancer pieds nus et à reculons, souvent dans la neige... et puis qui, de nos jours, porte des souliers ferrés ! J'ai lu aussi qu'un cliquetis de chaînes pouvait être salutaire ...

Le loup n'aime pas le feu, comme tous les animaux sauvages, mais allumer un feu, la nuit, en montagne quand on est poursuivi ... il n'est pas dit, dans les contes si la torche électrique fait le même effet.

Le loup semble plus redoutable que l'ours, il est la hantise des petits pâtres qui gardent les troupeaux dès 6 ou 7 ans. A moins d'avoir la malchance de tomber sur une ourse avec des petits, Martin n'attaque pas l'homme, mais le loup, oui. Alors les instructions pour la destruction des loups se multiplient au XIX° siècle et sont adressées aux Préfets depuis le Ministère de l'Intérieur :

Paris le 9 Juillet 1818 primes pour destruction des loups 1818.PNG
et en 1882, les primes peuvent atteindre le prix d'un champ peut-être pas très fertile mais c'est environ ce que l'on réclame aux "usurpateurs" de terres :

primes pour destruction des loups 1882.PNG

Tirer sur un loup, ce n'est pas gaspiller de la poudre, c'est préserver son troupeau, voire ses enfants et ça peut rapporter gros ! Or, le Préfet de l'Ariège réclame très peu pour payer les primes :

primes pour destruction des loups 1882 réponse Préfet 09.PNG

"J'ai l'honneur de vous informer que le montant nécessaire pour la destruction des loups dans notre département , suivant le tarif fixé par la loi du 3 Août 1882, peut être évalué annuellement et approximativement à 330 fr. Ce renseignement m'a été demandé par votre dépêche du 17 Septembre dernier"

Il semble donc, qu'à cette date, il n'y ait plus guère de loups en Ariège, mais les peurs ancestrales sont plus longues à disparaître que leurs causes ! et le moindre chien errant peut en faire les frais.

 



28/06/2015
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