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généalogie


Stephen, notre cousin d'Amérique

Un Jean laffont del Cardaÿre a eu une descendance en Amérique, plus exactement à Huston au Texas... Je ne sais plus vraiment comment j'ai retrouvé son petit-fils, il me semble avoir cherché sur Google en indiquant le patronyme complet entre guillemets. Là, apparemment un Américain n'ayant pas perdu son sobriquet... un vrai miracle, je clique : une adresse mail Waouh !!!

Je poste une sorte de « bouteille à la mer » me disant qu'il ne répondra jamais à cette allumée de française généalogiste qui se permet d'encombrer soudainement sa boite mail...

Deuxième miracle, il me répond et nous échangeons des renseignements pendant quelques mois en 2004, j'archive soigneusement ces mails dans ma boîte et j'en envoie une partie à Francis mon cousin germain, en partie pour le tenir au courant, en partie pour confirmer (ou non) ce que j'avais compris car les mails étaient en anglais. Puis Stephen m'informe qu'il ne sera pas joignable pendant 6 mois environ. Bon, la généalogie est avant tout affaire de recherche et de patience et j'en profite de mon côté, pour chercher ses ascendants...ça y est, j'ai le début de son arbre, je pourrai lui envoyer dans quelques mois ! Cf vive les mentions marginales challenge 2015

 

arbre  Stephen.PNG

 

Nouveau rebondissement : ma boite mail est piratée et les pirates demandent de l'argent à tous mes contacts... La famille téléphone affolée sur mon portable (je suis sensée avoir eu un accident en Grêce et être dans l'impossibilité de me soigner faute d'argent, un ami généalogique (salut Michel !) que je n'ai jamais rencontré autrement que sur le web propose même d'envoyer de l'argent aux raquetteurs et demande l'adresse, me l'envoie et me dit de me rendre à la gendarmerie pour leur communiquer. Ce que je fais et là, je suis menacée de garde à vue parce qu'il est possible que j'aie posté moi-même les mails... un cauchemar commence !

 

Je n'ai plus d'accès à ma boite mail, plus aucun contact mail et plus d'archives du mail ; c'est super les nouvelles technologies mais en cas de piratage ou de bug ; sauvegardez !

Sur papier, c'est pas mal ; la preuve est faite depuis des siècles aux Archives !

 

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais mes derniers articles concernent l'émigration ariégeoise donc j'envoie un mail à Francis pour lui faire part de mon désespoir d'avoir perdu le lien entre Stephen, le cousin d'Amérique et nous ! Il fouille et farfouille au plus profond de ses fichiers et retrouve quelque copies de mails de Stephen !!! 'C'est aussi une bonne sauvegarde, d'envoyer aux proches : tout le monde n 'est pas piraté en même temps !!!

N'empêche les ancêtres de Stephen sont nés au hameau des Eychards à Boussenac comme les miens !

 

Voici le résultat de cette sauvegarde partielle, le premier mail récupéré date du 10 Novembre 2004 et Stephen y expose ce qu'il connaît de son ascendance mail du 10-11-2004.PNG

"Mon grand-père s'appelait Jean Laffont del Cardaÿre. Il a connu et s'est marié avec ma grand-mère Georgiana dans les années 1900. Ils ont eu mon père Jean Laffont del Cardaÿre en 1902. Ils se sont séparés et mon père (je pense qu'il a voulu dire grand-père) est reparti en France avec Jean. 5 ans plus tard, mon père fut renvoyé aux Etats-Unis pour vivre avec sa mère, Georgiana. Je pense que ce fut la dernière fois que mon père eut des nouvelles de son père. Nous ne savons pas ce qui lui arriva. Il se pourrait que Jean puisse être le frère de votre grand-père François. Si c'est le cas nous serions cousins éloignés"

 

J'ai évidemment perdu mes mails en réponse mais j'avais dû indiquer à Stephen que les Jean Laffont même avec del Cadaÿre étaient pléthore dans la vallée et que le cousinage même établi pouvait être beaucoup plus éloigné encore... cf marier Jean Laffont 

 

Le 15, nouveau mail 

 

mail du 15-11-2004.PNG

 

" La seule famille del Cardaÿre que nous ayons trouvé aux Etats-Unis est la nôtre.Jean Laffont del Cardaÿre, fils de Jean et Georgiana décéda en 1974. Ma mère, Lucy et mes deux frères John Sidney et Peter, vivent à Richmond en Virginie. Mon épouse Lucy, et mes deux enfants, Jason et Nicolas et moi vivont près de San Francisco en Californie. Je viens en France parfois pour le travail, et ce serait formidable d'avoir la chance de se rencontrer. La Normandie serait attractive.

Restons en contact. J'ai recopié le reste de ma famille sur ce mail. Ma mère sait beaucoup de choses sur notre histoire familiale, et je sais qu'elle aimerait en discuter avec vous.

Je suis actuellement en Virginie, pour l'anniversaire de ma mère et je serai de retour en Californie dans quelques jours."

 

mail du 22-11-2004.PNG

 

" Je ne vous ai jamais précisé les détails de notre famille.

D'après ma description de notre lignée, probablement vous m'imaginez sans doute plus âgé ; mais voilà mon père n'a pas eu d'enfants (nous) avant qu'il atteigne la soixantaine. Alors, bien que je sois le petit fils de Jean Laffont del Cardaÿre, je n'aurai que 40 ans en Janvier et mes enfants ont tous deux 4 ans. J'essaie de comprendre le lien possible avec Jean Luc Laffont del Cardaÿre. Je me demande s'il n'est pas aussi un descendant de mon grand-père, peut-être d'un e seconde femme après son retour en France."

 

Quel dommage que le contact ait été rompu par une série d'incidents informatiques!!! 

Ne gardons que le positif : Stephen semble vraiment intéressé par son histoire familiale et très attaché à son patronyme complet (contrairement à nombre de migrants) et sa grand-mère l'a gardé intact, elle aussi, malgré la séparation...Si ses frères et sa mère sont dans le même état d'esprit, cela fait 3 chances de renouer un lien ! Ce que je vais essayer de faire : croisez tous les doigts pour moi !!! 

 

à suivre... comme toute recherche généalogique !!!

 

 

 


26/10/2018
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Les Laffont d'Ardiège

Il semble que la migration de François Laffont del Cardaÿre vers Ardiège, en Haute Garonne, n'ait pas été fructueuse...Parti « brassier » ou « journalier », nous le retrouvons, à son décès « mendiant ». Certes, pour un Massadel, ce n'est pas une condition infamante, ils étaient nombreux dans les vallées. Mais un migrant va chercher la fortune avant tout et la liberté pour un cadet...

 

Trois enfants naissent à Ardiège, le premier Pierre né en 1853 :

 

° Pierre Laffont 28-9-1853 Ardiège 31.PNG

 

Les parents François Laffont et Marie Subra de Marty sont donc partis très tôt, au moins avant le choléra et la grande vague des années 1860 !

 

En 1854, le 25 Septembre, Pierre décède mais une mortalité infantile importante régnait alors sur les campagnes.

En 1856 naît François le 29 Janvier, son père est alors dit « brassier ».

 

° François Laffont 29-1-1856 Ardiège 31 2.PNG

 

 

Enfin naît Marie le 31 Décembre 1860 et son père est qualifié de « mandiant »...

 

° Marie Laffont 31-12-   Ardiège 1.PNG

° Marie Laffont 31-12-   Ardiège 2.PNG

 

Une migration pour le moins catastrophique !

 

Pourtant de cette famille, il reste un descendant : Jean, lui, est né dans la vallée de Massat le 20 Novembre 1845  ; est-il resté à la charge de ses grands-parents ou est-il revenu avec sa mère après le décès de François ? En tout cas, il se marie le 10 Avril 1867 avec Jeanne Sablé Teichenné, dans la commune du Port et sa mère est présente :

 

X fils de François ° Ardiège 1.PNG

 

 

Son père décède le 17 Décembre 1861 à Ardiège.

 

+ de François père.PNG

 

 

Que sont devenus les petits François et Marie, nés tous deux en Haute Garonne ? Si je les croise au détour d'un registre je vous en ferais part.

Marie s'est-elle remariée ?

Encore une fois, la migration ne fut pas bénéfique ( cf Les Laffont de Lescure ) mais ils ne s'aventurèrent pas bien loin et purent revenir, leurs rêves de fortune détruits, « au pays » !

 

Combien connurent les coups du sort bien plus loin ? A Paris, Toulouse, Marseille ou Lyon, en Algérie ou pire aux Etats-Unis, au Canada, en Argentine voir même en Nouvelle-Zélande ! Là, aucun recours possible, il faut réussir ou disparaître !!!


10/09/2018
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Les Laffont de Lescure

Ce n'est pas encore le début de la grande migration qui commencera vraiment entre 1845 et 1850 et s'accentuera après le choléra (1854) et la maladie de la pomme de terre (voir dix années de calamités dans la vallée)

 

Pourtant deux frères Paulet et Jean-Pierre Laffont del Cardaÿre décident de vendre leurs biens dans la vallée de Massat, au quartier des Eychards et d'acheter une métairie à Lescure. Ce n'est pas le « bout du monde », juste de l'autre côté de la montagne mais justement sur un terrain plus plat, à peine vallonné (avec des estives proches au col de la Crouzette)

S 'en suivent des ventes qui s'échelonnent sur 2 ans (de 1815 à 1816) et semblent surtout destinées aux collatéraux voire aux voisins.

Combien coûte la métairie :

 

prix métairie.PNG
 

« moyennant le prix et somme de 5600 francs, comprise la valeur de deux vaches et d'une génisse qui sont dans ladite méttairie et qui font partie de la présente vente... »

 

En a -t-on une description ?

 

métairie Lescure.PNG

« méttairie appelée de Pitas, située au quartier de Picaret, territoire de Lescure, consistant en une maison, grange, sol, services, terres cultes, incultes et preds avec les eaux qui en dépandent, le tout joignant et contigu, plus d'un pred avec les eaux qui en dépandent et d'un bois joignant et contigu situé au quartier de la Ribette à ladite commune de Lescure ... »

 

Apparemment, une belle propriété ! Mais pour l'acquérir, il va falloir vendre dans la vallée et nous avons vu que le numéraire manque ! Ces ventes font suite au décès de leur père Pey Jean Laffont dit Le Père :

 

arbre.PNG

 

Ils vendent donc à Jean et Jean Pierre Cauliet Patram, le 13 Février 1815, un pré, 2 terres labourables, une grange et dépendances pour 1000fr ; le 29 Novembre 1814, ils avaient vendu à Paul Subra Mouret, une terre labourable pour 557 fr.
Le 29 Novembre 1814 encore deux ventes, l'une Pey Jean et Benoit Claustre Cachou : 2 pièces de terre pour 635 fr ; l'autre à Jean Laffont une borde et une pièce de terre pour 380 fr.
Sauf que le prix de vente ne rentre pas dans les caisses le jour même ! Et il s'en faut de beaucoup :

 

Laffont Jean délai de paiement.PNG

 

« somme de 380 fr du prix de la présente vente l'acheteur sera tenu comme s'oblige à la payer au vendeur dans 8 ans, à compter de ce jour qui sera un huitième à la fin desdits 8 ans avec l'intérêt à 5% pour retenue... »

 

Le même jour, une autre pièce de terre est vendue à Jean Pierre Subra Jouanine pour 280 fr payables en 6 ans
Enfin un pré et une pièce de terre sont vendus aux frères Piquemal Barou pour 650 fr payables en 8 ans !
Je vous épargne le reste des ventes mais il semble que rien ne soit payé « rubis sur l'ongle » ! et les délais de paiement sont très longs, je suppose que les deux frères ont dû négocier l'achat de la métairie de la même façon : en paiement échelonnés !

 

 Ils habitent désormais à Lescure, un village qui, désormais, est traversé par la route de Foix à Saint-Girons mais qui devait être plus paisible au début du XIX° siècle :

 

CPA Lescure 1.PNG

En tout cas, au début du XX° siècle, on pouvait s'y procurer du tabac !
Comment cette migration, cette vente totale des biens leur revenant après partage dans la vallée, se passe-t-elle ; on peut supposer une entente totale entre les 2 frères ou bien une emprise de l'aîné sur le plus jeune : aucun acte n'est enregistré par Paulet (Paul), tous par Jean Pierre :

 

Jean Pierre seul.PNG

« Jean Pierre Laffont Cardaÿre, fils de feu Pey Jean dit le père, cultivateur, habitant du quartier des Eichards, commune de Boussenac qui volontairement a fait vente pure et irrévocable à perpétuité.. »

 

Le nom de Paulet ou Paul n'apparaît jamais dans les actes notariés de vente des biens : un preuve de la condition du cadet qui n'est rien qu'un serviteur-esclave de son aîné ???

Que sont-ils devenus ?

On trouve un décès d'un Jean Pierre Laffont (sans sobriquet) le 22 Avril 1819 à Lescure  :

 

+ Laffont JP Lescure 22-4-1819 vue 135 est-ce le bon.PNG

 

 

Mais dans les actes de décès d'un homme, le nom de l'épouse n'est pas mentionné, contrairement au décès de l'épouse dans lequel le nom du veuf est toujours indiqué. Faute de sobriquet et les recensements, avant 1906, ayant été détruits, comment savoir s'il s'agit bien de "notre" Jean-Pierre ? D'autant qu'il existe des Lafont à Lescure, certes, avec un f en moins, mais nous connaissons tous, les fluctuations de graphie dans les patronymes...

Il va falloir d'autres recherches pour connaître le sort de ces premiers migrants? 

En 1819, si c'est bien Jean-Pierre qui décède, la métairie ne lui appartient pas encore en totalité vu le délai de paiement de ses ventes ! 

Et Paulet, qu'est-il devenu?

 

Cet été, je suis allée chercher cette métairie (je ne vous cache pas que j'espérais que des Laffont y habitent encore ce qui aurait été de bonne augure pour leur migration). Pas facile à trouver la métairie! après presqu'une heure de de renseignements d'église en mairie et dans les fermes; enfin voilà Pitas mais je ne peux que vous montrer le panneau

 

Lescure Pitas.PNG

 

En effet, la maison, superbement rénovée, est très isolée, les propriétaires n'ont pas souhaité que je fasse des photos (publiées sur le net) et je les comprends. 

 


06/09/2018
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Migrations et sobriquets : pagaille dans l'Etat civil

Tous les migrants n’ont pas l’intention de quitter définitivement la vallée, certains migrent temporairement et un enfant peut naître « ailleurs », d’autres envisagent de revenir à leur retraite surtout s’ils ont « un emploi du gouvernement ». Seulement, leurs enfants sont nés hors zone du sobriquet et l’ont peut-être perdu !

A la charnière du XIX° et du XX° siècle, on voit dans l’Etat Civil, une période mixte et quelque peu chaotique dans les actes de mariages de la vallée : les « futurs » ayant perdu leurs sobriquets (ou pas) reviennent s’y marier , les parents les ayant conservé ou toute la famille n’ayant plus de sobriquets…

Prenons plusieurs exemples pour essayer de comprendre cette évolution de l’Etat civil dans la vallée :

 

pagaille 1.PNG

 

«Et Pujol Catherine, ménagère, âgée de 23 ans, habitant au hameau d'Espies...née à Pézenas département de L'Hérault... fille majeure de Pujol Jean-Baptiste de Peyou … et de Pujol Marie Anne Ségalasse ... »

Catherine Pujol est née à Pézenas, le 29 Octobre 1874, elle ne porte que son patronyme sur son acte de naissance mais ses parents ont conservé le leur et sont domiciliés à Boussenac ; une migration temporaire mais qui lui fait perdre son sobriquet dans l'Etat civil.

 

Pourtant certains conservent leur sobriquet ainsi Françoise Sentenac Jammaouet, ayant un sobriquet « compliqué », le conserve alors qu’elle est née à Narbonne, son père aussi, il réside à Massat, peut-être depuis son veuvage puisque Jeanne Cabau Fidèle est décédée à Saint Jean du Barrou (Aude), où il est revenu avec sa fille de 17 ans (elle peut aussi l’avoir rejoint ensuite).

 

pagaille 2.PNG

 

« D'autre part, Françoise Sentenac Jammaouet, âgée de 23 ans, née à Narbonne, département de l'Aude ...fille de Jean …, cultivateur, demeurant avec elle, présent et consentant à son mariage, et de Jeanne Cabau Fidelle, décédée à Saint Jean du Barrou, canton de Durban, département de l'Aude, le 9 Avril 1889... »

 

De même, Jean Sutra Cole né à Moissac et demeurant à Paris conserve son sobriquet :

 

pagaille 3.PNG

 

« Sutra Cole Jean, facteur des postes, âgé de 26 ans, demeurant à Paris, né à Moissac (Tarn et Garonne), le 3 Octobre 1871... »

 

Alors là, je me repose vraiment la question, qui choisit d’abandonner son sobriquet ou de le garder, le déclarant ou l’Officier d’Etat civil ? Bien sûr, la zone des sobriquets est restreinte en Ariège, essentiellement la partie gasconne c'est-à-dire le Couserans, mais ce n’est pas si simple. Dans le canton de Massat, les sobriquets sont très présents à Boussenac, Massat, Le Port, moins fréquents à Biert et encore plus rares à Aleu et Soulan, de même dans la vallée d’Oust.

Cela vous donne une idée de la complexité de la recherche en Couserans et en particulier pour les migrants !

Bon, l’émigration fait que les jeunes peuvent rencontrer « l’élu(e) » loin de leur vallée, sur leur lieu de travail et se marient sur place ou reviennent se marier avec une « payse » et l’Etat civil, encore, en gardera les traces dans les actes ou les mentions marginales (qui apparaissent bien à propos), même si les nouveaux mariés repartent vers leur lieu d’émigration …

C’est donc, pour le généalogiste, une période chaotique mais aussi riche en découvertes « fortuites » et donc passionnantes.


29/08/2018
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Migrations et sobriquets

Fini le doux confort de la vallée, il faut maintenant suivre les migrants partout en France et dans le monde !

Seulement voilà, la plupart ont laissé tomber leur sobriquet dès la porte de Kerkabanac franchie ! Je sais, ces additifs n'ont de valeur qu'en Couserans pour différencier les porteurs d'un même patronyme, souvent prénommés Jean ou Marie, François ou Jeanne ! (les sobriquets en Couserans) mais c'était tellement pratique pour se repérer dans les tables décennales !

 

Ainsi Jean Piquemal, âgé de16 ans, décède à Narbonne le 31 Janvier 1866, l'extrait est transcrit dans les registres de la commune de Massat le 16 Juillet :

 

+ Jena Piquemal 1866 Narbonne.PNG
 

 

Déjà, pour nous, hommes du XIX° siècle, le délai entre le décès et l'enregistrement semble incroyable : presque 6 mois !

Maintenant, essayons de retrouver la naissance de ce pauvre jeune homme sans sobriquet, né vers 1850

Après avoir scruté 6 pages de naissances Piquemal dans les tables décennales, nous notons 5 Jean, avec une belle concentration en début d'année :

 

Piquemal Jean ° Février 1850.PNG
 

 

Aucun n'est fils de Marie Sentenac, bien, recherchons en 1849 : 5 autres Jean Piquemal ont vu le jour … finalement l'avant dernier de la liste correspond en terme de père et mère et enfin Jean retrouve son patronyme complet : Piquemal Carlet


 ° Jean Piquemal Carlet 25-8-1849 Maasat.PNG

Ici, le cas est simple quoiqu'un peu plus long à résoudre sans le sobriquet, mais imaginons que 2 ou 3 Marie, prénom le plus fréquent, Sentenac aient épousé un Jean Piquemal et aient prénommé leurs fils Jean comme leur père (c'est souvent le cas pour l'aïnat) ; il aurait fallu chercher le décès des trois enfants, quelques décennies plus tard pour constater que l'un d'entre eux avait rendu l'âme hors de la vallée !!!

 

Dès le début de mes recherches en Couserans, j'ai été confrontée au sobriquet : mon AGP, comme nombre de migrants, avait laissé le sien aux Eychards. Je pense même que ma grand-mère l'ignorait, elle qui pourtant me parlait de l'Ariège en disant « chez nous » ( premières recherches)

 

Ce que j'ai du mal à comprendre, c'est qu'il soit possible d'amputer un patronyme qui figure dans l'Etat Civil. Même le recrutement militaire en Couserans conserve l'intégralité du nom (les fiches Mémoire des hommes et l'Ariège) et mon AGP ne « perd » son sobriquet que lors de son mariage à Cambernon dans la Manche ! Pourtant il avait fourni un acte de naissance sur lequel il figurait et son père Mathieu avait fait établir devant notaire un consentement à mariage ! Que se passe-t-il ? Paresse de l'Officier d'Etat civil ou minimisation du sobriquet par le migrant lui-même ?

Je porte un patronyme double, dû à un jugement d'adoption (de mon père et de mon oncle par leurs grands-parents maternels), si, dans la vie courante, je peux n'utiliser que le premier, je suis tenue de faire figurer les deux, reliés d'ailleurs par un trait d'union, dans tous les actes officiels...

 

Si cet « abandon » du sobriquet complique les recherches des migrants en France, c'est encore plus difficile pour ceux qui changent de continent !!!

Les premiers migrants ne parlent que le patois un tantinet rocailleux de leur vallée, imaginez ce que peut comprendre le préposé à l'immigration d'Ellis Island et ce que peut devenir un patronyme comme « Laffont del Cardaÿre » en Anglais, Américain, Espagnol ou Portugais !

 

D'après mes recherches, à approfondir, soit seul le patronyme principal est retenu et graphié à l'ouïe par les fonctionnaires, soit Laffont devient L. comme un second prénom (exemple Georges W Bush) ce qui donne Jean L. del Cardaÿre, le « del » peut aussi disparaître dans les méandres administratifs, ce qui peut donner Jean Laffont Cardaÿre ou Jean L. Cardaÿre ou encore Jean Cardaÿre ! Par miracle, le nom intégral peut être conservé mais, ce Jean là, avait épousé une Américaine, veuve et demeurant à Paris, avant d'émigrer (V comme vive les mentions marginales!

 

Alors, il faut s'armer de courage sur Family Search qui « ratisse » un peu trop large et vous propose tous les « del » de la création ; certes, vous avez des centaines de réponses, amusez-vous bien pour le tri !

 

Rassurez-vous, il reste bien d'autres possibilités de retrouver les migrants mais il faut être plus tenace et acharné que dans les simples recherches locales.

Les prochains billets vous indiqueront les pistes possibles comme les listes de passagers, les passeports, les successions, les journaux d'Amicales, les articles de presse (un ariégeois échappe aux cannibales) et même les notaires ou tout simplement l'Etat civil pour la première génération...

 

Elle est loin « ma zone de confort » mais quelle récompense, en cas de succès !

 

Juste un petit exemple : une réclame trouvée dans « L'Ariejo dins Paris »

 

réclame dans l'Ariejo dins Paris chercher date.PNG

 

Maurette comment ? Dirait la Maire de Boussenac !

Cette Parisienne aussi a laissé son sobriquet derrière elle !

Rien que dans mon arbre, j'ai des Maurette : Berretou, Coufin, Mondet (ou Moundet), Peluychou, Perrucat et Peyrot,. Mais bien d'autres sobriquets accolés au patronyme existent !


17/08/2018
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