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GENEALOGIE




Faut-il être fier de ses ancêtres pour parler d'eux ?

 

En tout cas oui , à mon sens Qu'ils soient pauvres, riches ou indigents, ils ont mené leur vie comme ils pouvaient !

Je suis fière d'eux dans tous les cas et je ne comprends pas le commentaire posté par une lectrice, il y a quelque temps, sur Archives et Culture lors de la publication d'un article consacré aux mendiants et vagabonds :

 

corrigé 2.png

 

C'est une drôle de conception de la généalogie : que des ancêtres respectables, aucun pauvre, aucun trimardeur, aucun délinquant etc Bref, une famille modèle mais cela n'existe pas !

Même dans les classes huppées, il est possible de trouver des notaires indélicats, condamnés au bagne !

On ne parle pas de ses ancêtres pour s'en vanter, mais juste pour témoigner de ce que nous avons pu retrouver de leur passé, de leur vie, de leur migration parfois ratée : cf Les Laffont d'Ardiège

 

Alors regardons ce que nous pouvons trouver sur ces indigents, vagabonds et mendiants parmi lesquels peuvent figurer certains des miens dont je n'aurais pas honte pour autant mais pour qui je ressentirais plutôt de la compassion pour avoir eu une vie si misérable...

 

On découvre parfois des renseignements dans les actes d'Etat civil mais c'est surtout dans les  procès en correctionnel qu'on peut les retrouver et ils sont mentionnés succinctement dans la presse ancienne.

En effet, le délit de vagabondage apparaît dans le Code pénal en 1810.

 

mendiants et vagabonds dans le journal 19-12-1907.png
 

 19-12-1907

 

mendiants et vagabonds dans le journal 20-12-1907.png

20-12-1907

 

et ils sont succinctement, il est vrai, publié dans la presse ; mais en général on trouve : l'identité de l'individu et même son sobriquet, son âge et , dans le meilleur des cas son origine géographique (lieu de naissance ) .

 

vagabond 12-4-1908.png

12-4-1908

Je me dis qu'en recueillant toutes ces arrestations qui doivent figurer aussi dans les archives policières, on pourrait peut-être étudier les errances de nos ancêtres...

 

 


25/05/2023
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Les mortuaires

 

 

Je sais, le nom n'est pas très attrayant, mais ce registre que l''on trouve en 2C aux AD peut pallier l'absence des actes de décès dans les BMS ou en confirmer la date Ainsi vous n'aurez plus de Mathusalem dans votre arbre ! Car il faut bien avouer que certains curés sont négligents lorsqu'il s'agit de manier la plume ou bien l'encre est tellement allongée d'eau pour s'épargner le travail d'en fabriquer qu'elle en devient illisible !

 

Ces registres se présentent ainsi :

 

présentation.PNG
 

 

Sauf que , malheureusement, certaines colonnes ne sont pas toujours renseignées, âge et observations en particulier …

 

extrait motuaire.PNG

(2C 1311)

Ce n'est pas la panacée mais cela peut servir pour une date ou retrouver un testament ou un partage. L'importance de document n'est pas capitale mais il a, au moins, le mérite d'exister pour des vérifications


03/03/2023
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D'autres sources pour rencontrer vos ancêtres pendant les vacances !

 

Nous avons déjà parcouru les pistes traditionnelles : Etat civil ou BMS, actes notariés, recensements, archives militaires , ces renseignements sont incontournables et généralement en ligne

La presse ancienne peut aussi amener des informations inattendues  cf des humbles dans la presse

 

Tout cela permet une recherche sédentaire qui peut être fructueuse mais d'autres ressources sont accessibles sur place, avec l'aide toujours bienveillante des archivistes locaux, leur volume en terme de nombres de vues empêche leur numérisation.et mise en ligne.

 

Alors qu'elles sont les séries à consulter sur place en priorité ?

Commençons par l'enfer que vivent nos ascendants avec ...l'impôt !!! (c'est de saison pour nous aussi!)

 peuple écrasé par l'impôt.PNG

Vous la connaissez tous cette image, elle était dans nos livres d'histoire !

 

Taille, capitation, 20°, 10°, impôt sur les portes et fenêtres sans parler de ceux qui pèsent sur le transport de marchandises : gabelle, octroi dans chaque ville, impôt sur la traversée des ponts : pontonnage (notez que  nous payons les autoroutes …et le viaduc de Millau et....le droit de regarder la télé !) etc. Bref une grêle d'impôts s'abat sur nos ascendants sans qu'aucune volée de cloches ne puisse les détourner (comme c'est le cas pour la grêle !) et ils ne roulent pas sur l'or, les Anciens !

Nous avons de la compassion pour eux, certes, mais ces charges génèrent une masse de documents qui nous aide à mieux les connaître : eux et leurs biens...Ces documents se trouvent en général en série C mais la vallée de Massat étant toujours en marge... on en trouve pléthore en série 15J  c'est à dire le fameux Fonds Espaignac !

Si vous avez peu de temps à passer sur place (éloignement, recherches de vacances) je vous conseille de privilégier ce fonds qui contient le vrai « trésor » sur la vie de la vallée.

 

Alors nous allons passer en revue les différentes liasses exploitables en généalogie ou en histoire locale. Normalement j'ai scanné tout ce qui concerne Massat et sa vallée dans cette série (mais une faute ou un oubli est toujours possible)

En tout cas si un extrait publié vous interpelle, n'hésitez pas à me demander la suite ! (c'est gratuit...pas comme sur certains sites en ligne!)

 

Il existe d'autres sources dans les séries dites « modernes »

La série L étant générale est donc à dépouiller en totalité même si elle a été sinistrée par l'incendie de la Préfecture de Foix en 1803 car Félix Pasquier, archiviste, s'employa à la reconstituer  ainsi que ses successeurs G.Trouillard et F Galabert. A noter que dans l'incendie tous les documents manquants ne sont peut-être pas brûlés... j'ai retrouvé chez un brocanteur 2 registres de justice de Paix de l'an II et III et bien sûr je les ai achetés sur mes deniers Après avoir passé un hiver à les découvrir, (un vrai bonheur, des archives authentiques chez moi !) je les ai scannés avant d'en faire don aux AD. Pour les amoureux des archives imaginez l'instant magique (ou le « kiff » comme disent les jeunes) !

La série M pour l'économie dans laquelle on peut retrouver des ancêtres artisans ; la série HDT (archives hospitalières) pour les malades, orphelins, indigents ou malades mentaux

Tout peut arriver dans une famille si « bien » soit-elle, même des délinquants et nos Massatois ne sont pas en reste pour la petite délinquance voire pire cf le bagnard du Port ou T comme Testament mangé (challenge 2015)

 

Une série très riche pour la vie au village EDT (délibérations des conseils municipaux) qui concerne tous les sujets de la vie quotidienne de nos Anciens et bien sûr la série O concernant le "contrôle que le Préfet exerce sur l'administration communale" , les deux sont forcément complémentaires.

  

La religion en série G mais surtout V pour les dissidents : les Petchets en particulier mais il se trouve qu'une collatérale Catherine Laffont del Cardaÿre était l'épouse de Pierre Loubet de Paule, diacre et chef de file des Pechets de Massat alors forcément...je dépouille minutieusement !!!

Bonnes recherches pour des vacances généalogiques ! N'oubliez pas de partager vos découvertes !

 

Pour l'instant,  je vais vous promener dans ma série préférée (15 J ) qui comporte, je crois pas moins de 124 liasses ...de quoi s'instruire et se distraire !


28/02/2023
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Ancêtres, vos papiers !

 

 

Nul n'entre dans mon arbre sans au moins un acte de naissance, de mariage ou de décès ou un acte notarié indiquant la filiation. Pour ne pas risquer de faire de la « généalogie-fiction », il faut des sources et les citer pour que les éventuels collatéraux puissent en profiter.

 

De cette exigence découle de multiples difficultés mais si tout « était un long fleuve tranquille », serions-nous des accros à la généalogie ? L'ancêtre préféré n'est-il pas celui que nous avons eu le plus de mal à extirper du passé ?

 

En tout cas, bien des obstacles se dressent devant notre quête et qui sont souvent insurmontables : mes branches ne sont pas qu'Ariégeoises, elles sont aussi Picardes, Champenoises, Belges et Luxembourgeoises ( peut-être aussi issues des pays de l'Est : Hongrie, Pologne ou Tchéquie pour les Hocry, patronyme vraisemblablement francisé avec de multiples graphies retrouvées dans les signatures ; car ils signent tous dès le XVII° siècle alors qu'ils sont sabotiers!) , pour la branche paternelle.

 

Pour la branche maternelle des Ariégeois et des Normands de l'Eure et de la Manche.

 

Maintenant, voyons les sources fiables dont nous disposons, tout va bien pour cette branche : BMS, NMD ok ; sauf qu'en Ariège les curés marient « en série », de 3 à 21 mariages le même Dimanche ! Je me pose encore la question sur cette particularité : mariage moins cher, repas partagé ? Si vous avez une explication, elle est bienvenue !

 

De ce fait, le curé s'abstient d'indiquer la filiation des époux et même les témoins ; ben, ça , c'est pas vraiment chouette pour un généalogiste : Marie Piquemal a épousé Jean Piquemal, bon courage pour les retrouver !

 

 

ancêtre vos papiers 1.PNG
 

 

 ancêtre vos papiers 2.PNG

 

 Donc le 21 Novembre 1747, 13 couples ont convolés en justes noces « devant notre Sainte Mère l'Eglise » … Maintenant que chacun se débrouille pour retrouver les siens !

 

Une seule solution, à mon avis, : retrouver le contrat de mariage, voilà pourquoi, j'ai fréquenté assidûment nos chers tabellions de la vallée, peu nombreux heureusement: 2 à Massat et plus tard 1 à Soulan et 1à Aleu. Eux, indiquent la filiation et les sobriquets, ce qui empêche de se tromper dans les Piquemal ou les Loubet qui sont légion dans la vallée !

 

Par ces actes notariés, on trouve aussi le testament qui détaille les héritiers et leur naissance s'ils sont de lits différents. Bref, ici, pas de filiation fiable sans les Notaires à moins qu'ils ne s'embrouillent eux aussi cf qui épouses-tu? Challenge 2015 (le notaire hésite sur la prénom de la future !)    

 

Seulement le plus ancien registre paroissial de Massat ne date que de 1699, les plus anciens actes notariés se trouvent chez Maître Galin 1668 puis 1674-1684 ou chez Maître Espaignac 1681-1685.

Par contre le registre d'enregistrement des actes en série C pourrait nous aider à remonter quelques dizaines d'années mais il est en restauration !

 

Dans la Manche, les archives de Saint Lo sont très pauvres, sinistrées par la 2° Guerre Mondiale.

 

Dans l'Eure, l'Etat civil est correct, seulement un Notaire de Brionne a laissé pourrir les registres de ses prédécesseurs dans une cave, il semble qu'ils soient irrécupérables....

 

 Pour ma branche paternelle, c'est pire : aux Archives de l'Aisne, on avait prévu l'évacuation du fonds au début de la Grande Guerre tout fut mis sur des chariots sous un hangar et, les événements se précipitant ne permirent pas leur transfert...ils furent récupérés, mais dans un état désastreux, après les hostilités ; la Marne fut elle aussi touchée et la cathédrale de Reims brûlée, bombardée.

 

Et les archives municipales me direz-vous, bonne idée mais Mont Notre-Dame, le « berceau » des Hocry n'est qu'à quelques kilomètres de Craonne et du Chemin des Dames Son église, déjà en partie détruite pendant la guerre d'Espagne, fut rasée par un bombardement en 1918...

 

Pas facile de trouver les papiers des ancêtres !!!

 

 

 


11/12/2022
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La généalogie, une passion ; oui mais laquelle ?

A mon sens, trouver des noms et des dates de naissances, mariages et décès, n'est pas l'essentiel ; enfin si, il faut commencer par là. Mais ce n'est que la trame du tissu ou l 'ébauche du sabot, en hommage à mes ancêtres tisserands, cardeurs et sabotiers et ils n'auraient pas eu l'idée de voir leur ouvrage accompli à ce stade ! C'est le solfège qu'apprend le musicien avant de jouer Bach ou d'écrire ses propres compositions, c'est le substrat dans lequel le paysagiste va dessiner son jardin.

De ce fait, copier des fichiers de données mis en ligne par d'autres, particuliers ou associations et arriver à la mise en ligne d'un gigantesque et ridicule baobab de près de 112.000 individus, n'a aucun intérêt. C'est grotesque et pitoyable d'autant que rien n'est vérifié... Vous ne pensez pas que cela puisse exister ? Et pourtant, c'est sur Geneanet et l'individu en est fier, assume pleinement ses multiples « emprunts », et propose même ses conseils pour générer des vocations de constructeurs de baobab sans efforts...

 

C'est donc au niveau de la trame, ainsi que sur la méthodologie de recherche que nos chemins divergent. Nul n'entre dans mon arbre sans avoir produit ses références, pas d'intrus ! Je suis un gendarme demandant : "Ancêtres? Vos Papiers"!

 

Je ne suis pas pour autant à l'abri des erreurs dues surtout aux multiples porteurs des mêmes patronymes et prénoms... Qui n'a pas trouvé une palanquée de Jean Laffont ou de Jean-Baptiste Lefèvre dans les BMS ? Ils sont souvent apparentés ; père, fils, frères ou cousins mais prendre l'un pour l'autre est possible si le curé n'est pas très précis sur les parents. Si la filiation n'est pas indiquée dans les actes de mariage, comme dans la vallée de Massat, l'exercice d'identification du « bon » Jean Laffont devient sportif !!! marier Jean

 

On peut se satisfaire de ces listes et éditer un bel arbre, l'accrocher dans son salon ou le remiser dans un coffre, c'est sûr qu'il a déjà nécessité bien des heures de travail mais ces recherches ne peuvent générer aucun récit ou alors une œuvre dans le style des premiers versets de la Genèse : X connut Y et engendra des fils et des filles... rien de plus soporifique !

 

C'est donc, une fois la trame constituée, après quelques années, que commence la recherche la plus intéressante et que j'appellerais l'ethno ou l'anthropo-généalogie et la micro histoire (au niveau cantonal)  ; d'autres partiront vers la psycho généalogie, qui n'est pas sans attrait, mais correspond moins à mes motivations.

  

Prenons un exemple : Mathieu Laffont del Cardaÿre est entré dans mon arbre, muni de tous ses papiers et il est mon AAGP mais, à ce stade, je ne le connais pas encore ! Je connais son épouse, son métier mais je ne sais pas comment il vit, je ne sais rien sur son physique : aucune photo ne m'est parvenue, il aurait pu, dans son âge mûr se payer un daguéréotype mais c'était sans doute trop onéreux ou pas encore passé dans les moeurs.

Il va donc falloir que je me le rende familier (au sens littéral) et que je tente de le replacer dans son contexte ; dans son siècle, dans son village, dans sa maison, dans sa vie quotidienne avec « ses amis, ses amours, ses « emmerdes »... Ainsi d'indices en indices, je pourrai le connaître ou l' imaginer (la certitude n'existe pas en sciences humaines et nous avons la désagréable propension à voir nos ascendants au travers de nos yeux du XXI° siècle et de nos idéaux). Je voudrais essayer d'entrer en contact avec lui, sans tables tournantes, rassurez-vous ! Il ne s'agit en aucun cas de porter le moindre jugement mais seulement de faire sa connaissance, d'entrevoir ses difficultés, ses joies et ses peines.

 

Pour cela, il va falloir "faire flèche de tout bois" et fouiller les actes notariés, les archives communales, les journaux anciens qui me donneront la météo, le prix des denrées et le volume des récoltes mais aussi les faits divers.

Si la neige a été très abondante, je saurais qu'il a dû avoir les pires difficultés pour se rendre sur son lieu de travail à Vicdessos et traverser le col de Port. Je verrais que mon AAGM a dû « en baver » pour amener l'eau à l'oustal et que la provision de bois devait être importante, enfin espérons.

Les archives militaires me donneront son aspect physique et ses éventuelles maladies ; pour Magdeleine Loubet del Bayle (son épouse), je ne peux juger de sa robustesse qu'avec le nombre de ses grossesses et sa longévité...

Le cadastre pour retrouver l'oustal et l'école mais aussi les contes et légendes pour savoir ce qu'ils se racontaient à la veillée, les rebellions et dissidences (guerre des Demoiselles, la Petite Eglise et les déserteurs de l'Empire), tout cela devait alimenter les conversations et les potins du village ! Rien n'est à négliger, ni les bouleversements apportés par le système métrique, ni les médicaments ancestraux, ni les procès verbaux des gardes forestiers !

C'est à ce prix qu'il est possible de découvrir un peu le mode vie de  nos ancêtres et la tâche se complique, bien sûr, en remontant les branches.

 

Faire la connaissance de François, mon AGP, fut plus facile : mon grand cousin Jean l'avait connu dans son enfance, la photographie s'était démocratisée et j'ai aussi retrouvé une correspondance avec son neveu Mathieu, captif en Allemagne en 1916, et avec ses sœurs restées au pays. Ces lettres m'aident aussi à comprendre un souci récurrent chez les Laffont : avoir un salaire mensuel fixe et ainsi échapper aux aléas de la condition paysanne, si l'emploi est proposé « par le gouvernement » comme le dit François à son neveu, c'est le summum : être fonctionnaire, le rêve !!!

 

Voilà donc ma conception de la généalogie, sommes-nous sur la même longueur d'ondes ?

C'est la raison d'être de mon blog qui vous relate mes découvertes sur la vie quotidienne de nos ancêtres Couseranais, elles s'appliquent aux miens et sans doute aux vôtres s'ils ont vécu dans les mêmes cantons.


30/09/2022
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