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GENEALOGIE




Ancêtres, vos papiers !

 

 

Nul n'entre dans mon arbre sans au moins un acte de naissance, de mariage ou de décès ou un acte notarié indiquant la filiation. Pour ne pas risquer de faire de la « généalogie-fiction », il faut des sources et les citer pour que les éventuels collatéraux puissent en profiter.

 

De cette exigence découle de multiples difficultés mais si tout « était un long fleuve tranquille », serions-nous des accros à la généalogie ? L'ancêtre préféré n'est-il pas celui que nous avons eu le plus de mal à extirper du passé ?

 

En tout cas, bien des obstacles se dressent devant notre quête et qui sont souvent insurmontables : mes branches ne sont pas qu'Ariégeoises, elles sont aussi Picardes, Champenoises, Belges et Luxembourgeoises ( peut-être aussi issues des pays de l'Est : Hongrie, Pologne ou Tchéquie pour les Hocry, patronyme vraisemblablement francisé avec de multiples graphies retrouvées dans les signatures ; car ils signent tous dès le XVII° siècle alors qu'ils sont sabotiers!) , pour la branche paternelle.

 

Pour la branche maternelle des Ariégeois et des Normands de l'Eure et de la Manche.

 

Maintenant, voyons les sources fiables dont nous disposons, tout va bien pour cette branche : BMS, NMD ok ; sauf qu'en Ariège les curés marient « en série », de 3 à 21 mariages le même Dimanche ! Je me pose encore la question sur cette particularité : mariage moins cher, repas partagé ? Si vous avez une explication, elle est bienvenue !

 

De ce fait, le curé s'abstient d'indiquer la filiation des époux et même les témoins ; ben, ça , c'est pas vraiment chouette pour un généalogiste : Marie Piquemal a épousé Jean Piquemal, bon courage pour les retrouver !

 

 

ancêtre vos papiers 1.PNG
 

 

 ancêtre vos papiers 2.PNG

 

 Donc le 21 Novembre 1747, 13 couples ont convolés en justes noces « devant notre Sainte Mère l'Eglise » … Maintenant que chacun se débrouille pour retrouver les siens !

 

Une seule solution, à mon avis, : retrouver le contrat de mariage, voilà pourquoi, j'ai fréquenté assidûment nos chers tabellions de la vallée, peu nombreux heureusement: 2 à Massat et plus tard 1 à Soulan et 1à Aleu. Eux, indiquent la filiation et les sobriquets, ce qui empêche de se tromper dans les Piquemal ou les Loubet qui sont légion dans la vallée !

 

Par ces actes notariés, on trouve aussi le testament qui détaille les héritiers et leur naissance s'ils sont de lits différents. Bref, ici, pas de filiation fiable sans les Notaires à moins qu'ils ne s'embrouillent eux aussi cf qui épouses-tu? Challenge 2015 (le notaire hésite sur la prénom de la future !)    

 

Seulement le plus ancien registre paroissial de Massat ne date que de 1699, les plus anciens actes notariés se trouvent chez Maître Galin 1668 puis 1674-1684 ou chez Maître Espaignac 1681-1685.

Par contre le registre d'enregistrement des actes en série C pourrait nous aider à remonter quelques dizaines d'années mais il est en restauration !

 

Dans la Manche, les archives de Saint Lo sont très pauvres, sinistrées par la 2° Guerre Mondiale.

 

Dans l'Eure, l'Etat civil est correct, seulement un Notaire de Brionne a laissé pourrir les registres de ses prédécesseurs dans une cave, il semble qu'ils soient irrécupérables....

 

 Pour ma branche paternelle, c'est pire : aux Archives de l'Aisne, on avait prévu l'évacuation du fonds au début de la Grande Guerre tout fut mis sur des chariots sous un hangar et, les événements se précipitant ne permirent pas leur transfert...ils furent récupérés, mais dans un état désastreux, après les hostilités ; la Marne fut elle aussi touchée et la cathédrale de Reims brûlée, bombardée.

 

Et les archives municipales me direz-vous, bonne idée mais Mont Notre-Dame, le « berceau » des Hocry n'est qu'à quelques kilomètres de Craonne et du Chemin des Dames Son église, déjà en partie détruite pendant la guerre d'Espagne, fut rasée par un bombardement en 1918...

 

Pas facile de trouver les papiers des ancêtres !!!

 

 

 


11/12/2022
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La généalogie, une passion ; oui mais laquelle ?

A mon sens, trouver des noms et des dates de naissances, mariages et décès, n'est pas l'essentiel ; enfin si, il faut commencer par là. Mais ce n'est que la trame du tissu ou l 'ébauche du sabot, en hommage à mes ancêtres tisserands, cardeurs et sabotiers et ils n'auraient pas eu l'idée de voir leur ouvrage accompli à ce stade ! C'est le solfège qu'apprend le musicien avant de jouer Bach ou d'écrire ses propres compositions, c'est le substrat dans lequel le paysagiste va dessiner son jardin.

De ce fait, copier des fichiers de données mis en ligne par d'autres, particuliers ou associations et arriver à la mise en ligne d'un gigantesque et ridicule baobab de près de 112.000 individus, n'a aucun intérêt. C'est grotesque et pitoyable d'autant que rien n'est vérifié... Vous ne pensez pas que cela puisse exister ? Et pourtant, c'est sur Geneanet et l'individu en est fier, assume pleinement ses multiples « emprunts », et propose même ses conseils pour générer des vocations de constructeurs de baobab sans efforts...

 

C'est donc au niveau de la trame, ainsi que sur la méthodologie de recherche que nos chemins divergent. Nul n'entre dans mon arbre sans avoir produit ses références, pas d'intrus ! Je suis un gendarme demandant : "Ancêtres? Vos Papiers"!

 

Je ne suis pas pour autant à l'abri des erreurs dues surtout aux multiples porteurs des mêmes patronymes et prénoms... Qui n'a pas trouvé une palanquée de Jean Laffont ou de Jean-Baptiste Lefèvre dans les BMS ? Ils sont souvent apparentés ; père, fils, frères ou cousins mais prendre l'un pour l'autre est possible si le curé n'est pas très précis sur les parents. Si la filiation n'est pas indiquée dans les actes de mariage, comme dans la vallée de Massat, l'exercice d'identification du « bon » Jean Laffont devient sportif !!! marier Jean

 

On peut se satisfaire de ces listes et éditer un bel arbre, l'accrocher dans son salon ou le remiser dans un coffre, c'est sûr qu'il a déjà nécessité bien des heures de travail mais ces recherches ne peuvent générer aucun récit ou alors une œuvre dans le style des premiers versets de la Genèse : X connut Y et engendra des fils et des filles... rien de plus soporifique !

 

C'est donc, une fois la trame constituée, après quelques années, que commence la recherche la plus intéressante et que j'appellerais l'ethno ou l'anthropo-généalogie et la micro histoire (au niveau cantonal)  ; d'autres partiront vers la psycho généalogie, qui n'est pas sans attrait, mais correspond moins à mes motivations.

  

Prenons un exemple : Mathieu Laffont del Cardaÿre est entré dans mon arbre, muni de tous ses papiers et il est mon AAGP mais, à ce stade, je ne le connais pas encore ! Je connais son épouse, son métier mais je ne sais pas comment il vit, je ne sais rien sur son physique : aucune photo ne m'est parvenue, il aurait pu, dans son âge mûr se payer un daguéréotype mais c'était sans doute trop onéreux ou pas encore passé dans les moeurs.

Il va donc falloir que je me le rende familier (au sens littéral) et que je tente de le replacer dans son contexte ; dans son siècle, dans son village, dans sa maison, dans sa vie quotidienne avec « ses amis, ses amours, ses « emmerdes »... Ainsi d'indices en indices, je pourrai le connaître ou l' imaginer (la certitude n'existe pas en sciences humaines et nous avons la désagréable propension à voir nos ascendants au travers de nos yeux du XXI° siècle et de nos idéaux). Je voudrais essayer d'entrer en contact avec lui, sans tables tournantes, rassurez-vous ! Il ne s'agit en aucun cas de porter le moindre jugement mais seulement de faire sa connaissance, d'entrevoir ses difficultés, ses joies et ses peines.

 

Pour cela, il va falloir "faire flèche de tout bois" et fouiller les actes notariés, les archives communales, les journaux anciens qui me donneront la météo, le prix des denrées et le volume des récoltes mais aussi les faits divers.

Si la neige a été très abondante, je saurais qu'il a dû avoir les pires difficultés pour se rendre sur son lieu de travail à Vicdessos et traverser le col de Port. Je verrais que mon AAGM a dû « en baver » pour amener l'eau à l'oustal et que la provision de bois devait être importante, enfin espérons.

Les archives militaires me donneront son aspect physique et ses éventuelles maladies ; pour Magdeleine Loubet del Bayle (son épouse), je ne peux juger de sa robustesse qu'avec le nombre de ses grossesses et sa longévité...

Le cadastre pour retrouver l'oustal et l'école mais aussi les contes et légendes pour savoir ce qu'ils se racontaient à la veillée, les rebellions et dissidences (guerre des Demoiselles, la Petite Eglise et les déserteurs de l'Empire), tout cela devait alimenter les conversations et les potins du village ! Rien n'est à négliger, ni les bouleversements apportés par le système métrique, ni les médicaments ancestraux, ni les procès verbaux des gardes forestiers !

C'est à ce prix qu'il est possible de découvrir un peu le mode vie de  nos ancêtres et la tâche se complique, bien sûr, en remontant les branches.

 

Faire la connaissance de François, mon AGP, fut plus facile : mon grand cousin Jean l'avait connu dans son enfance, la photographie s'était démocratisée et j'ai aussi retrouvé une correspondance avec son neveu Mathieu, captif en Allemagne en 1916, et avec ses sœurs restées au pays. Ces lettres m'aident aussi à comprendre un souci récurrent chez les Laffont : avoir un salaire mensuel fixe et ainsi échapper aux aléas de la condition paysanne, si l'emploi est proposé « par le gouvernement » comme le dit François à son neveu, c'est le summum : être fonctionnaire, le rêve !!!

 

Voilà donc ma conception de la généalogie, sommes-nous sur la même longueur d'ondes ?

C'est la raison d'être de mon blog qui vous relate mes découvertes sur la vie quotidienne de nos ancêtres Couseranais, elles s'appliquent aux miens et sans doute aux vôtres s'ils ont vécu dans les mêmes cantons.


30/09/2022
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Le bagnard du Port 1

Au détour d'un registre d'état civil, j'ai trouvé la transcription de son décès au bagne de Cayenne... Son patronyme ne m'était pas inconnu et figure bien dans ma base avec le petit carré au centre jaune qui indique les ascendants directs : une Rivère Loussailh est la belle mère d'Arnaud Auriac Coupet qui m'a fourni matière à plusieurs billets.

Bien, voici Joseph tel que l'ai rencontré :

+Joseph Rivère Loussail à St Laurent du Maroni 31-7-1869 CAOM.PNG

"Aujourd'hui premier Août 1869 à 9 heures du matin ... sont comparus le sieur Girandeau Ernest Henri, âgé de 34 ans, surveillant de 2° classe aux établissements pénitentiaires et le sieur Grossetête Philippe Léonard, âgé de 39 ans, surveillant de 2° classe aux mêmes établissements ; tous deux domiciliés à Saint Laurent du Maroni ; lesquels nous ont déclaré que le sieur Rivère Joseph dit Loussail, âgé de 38 ans environ, ayant exercé la profession de cultivateur, domicilié à Saint Laurent [contre son gré, sans aucun doute !], né à Port, arrondissement de Saint Girons, département de l'Ariège, fils de Joseph et d'Elisabeth Loubet, époux d'Isabelle Loubet, seuls renseignements que nous ayons pu recueillir, est décédé hier 31 Juillet à une heure de relevée à Saint Laurent du Maroni Guyane Française ..."  

Et voilà, il n'en faut pas plus pour que je me lance à sa recherche ! Je ne suis pas organisée dans mes études généalogiques, le moindre fait sortant de l'ordinaire me fait dévier de ma trajectoire ! Pour ma défense, il faut souligner que si l'on trouve quelques procès pour coups et blessures, contrebande, testament dévoré ou désertion, les bagnards ne sont pas légion dans la vallée de Massat.

Qui est cet homme ? Quel crime a-t-il commis ? Qu'est devenu son épouse? A-t-il des enfants ? et si possible quelle image a-t-on de lui dans la vallée ?

 

Retrouvons sa naissance à Massat puisque la commune du Port, comme celle de Biert, ne furent crées qu'en 1851 par partition de Massat, commune trop étendue et trop peuplée.

 

acte de ° pour blog 1.PNG

acte de ° pour blog 2.PNG

 

Le 28 Mai 1856, à 25 ans, il établit son contrat de mariage avec Elizabeth Loubet Sartrou, qui lui amène, en dot, sa part de la succession de son défunt père et à laquelle Joseph promet un quart des biens de son père. Le jeune couple convolera le 28 Novembre suivant, et bien tôt nait Barthélémy, le 24 Février suivant, conçu sans doute après le passage chez le Notaire sans attendre la bénédiction du curé... La situation n'est pas exceptionnelle mais prendra de l'importance dans la suite des événements.

Le 25 Février, le nouveau né décède, là encore une situation malheureusement fréquente et rien, dans son acte de décès ne laisse entrevoir le moindre doute... La commune du Port semble, en effet, connaitre une forte mortalité infantile : en 1856 sur 65 décès 6 enfants morts nés, 8 nourrissons de moins de 15 jours et 17 enfants de moins de 6 ans ; en 1857 sur 76 décès 8 morts nés, 9 nourrissons et 21 jeunes enfants ; en 1858 sur 56 décès 9 morts nés, 1 nourrisson et 13 enfants en bas-âge, soit près de 40% des disparitions chaque année.

Alors pourquoi la vie de Joseph va-t-elle basculer après le décès de son fils ?

 


07/08/2022
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Conseils de famille sous la Révolution

 

Si vous venez aux AD 09 et que vos ancêtres sont originaires de Massat, ne manquez pas de consulter la série 16L217 !

Vous y trouverez pas moins de 24 conseils de famille devant M° Galin, juge de Paix, notaire et avocat, pour nommer des tuteurs et curateurs dans les cas de veuvage avec enfants mineurs qu'il s'agit de défendre contre l'éventuelle cupidité de leurs proches ! Ces actes donnent donc lieu à une énumération détaillée de la filiation et de la proche parentèle : une découverte ou une confirmation pour le généalogiste mais toujours une aubaine ! Car cette ascendance concerne aussi bien la branche paternelle (en général celle du défunt) que maternelle.

Il semble que la veuve survivante n'ait pas vraiment « autorité » sur la gestion des biens du couple... même après la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen !

Olympe de Gouges est consciente que le terme « homme » ne signifie pas humanité en général et publie un pastiche « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » qui mériterait d'être lu de nos jours et même enseigné (mais Mme de Gouges n'apparait dans aucun programme éducatif et on ne la rencontre qu'en lisant ou militant pour le féminisme)

Petit aperçu « article 1 La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits », c'est clair et sans détours !

 

Mais en l'An II ou III, la femme veuve, malgré ses droits coutumiers dans les Pyrénées surtout si elle était une Aïnada, les avait perdu au plan national à cause de la République ! Il faut réaffirmer que la place de la femme était bien plus importante dans les Pyrénées avant 1789... et l'uniformisation des lois

 

Donc la femme semble avoir perdu l'autorité parentale entière sur ses enfants et ses biens, ce qui explique ces nombreux conseils de famille pour nommer un tuteur mâle même 13 ans après le décès du père, ce qui indique tout de même qu'il y a dû y avoir un changement de mentalité et de coutume !

En voici la preuve :

 

13 ans après.PNG

 « a comparu le citoyen François Piquemal Peypergut dit francillou, habitant la commune de Boussenac qui nous a dit que Jean Piquemal Peypergut, son frère, serait décédé il y a environ treize ans laissant à luy survivant de son mariage avec feue Marie Loubet Rastouillet, deux enfants mâles, nommés Antoine et Michel Peypergut, ledit Antoine âgé de 16 ans et ledit Michel d'environ 15 ans

 Et comme il importe à l'avantage des dits Piquemal mineurs qu'il leur soit nommé un curateur... »

 

 Prenons un autre exemple pour vous prouver la richesse de ces actes en matière de généalogie :

 

enfants de 3 lits 1.PNG

 

enfants de 3 lits 2.PNG

« est comparue la citoyenne Marie Piquemal Lagorre habitante de la commune de Massat qui nous a dit que Jean Ponsolle Magaraud, son mari est décédé il y a deux mois laissant à luy survivants  5 enfants savoir 2 garçons et 3 filles nommée Françoise Ponsolle Magaraud femme de François Laffite Fitou fille dudit feu Ponsolle Magaraud et de feue Marie Galy Pradal sa première femme, JosephPonsolle âgé de 17 ans, Guilhaume Ponsolle âgé de 14 ans et Marie Ponsolle leur sœur âgée de 7 ans tous 3 enfants dudit feu Ponsolle Magaraud et de feue Marie Ponsolle Magaraud dit lespagnol sa seconde femme et enfin Marie Ponsolle âgée de 2 mois fille dudit feu Ponsolle et de la comparante.... »

  

Il est clair que dans certaines déclarations nous retrouvons des « familles recomposées » comme il est d'usage de les qualifier de nos jours, c'est à dire que la veuve n'est que la marâtre des enfants du 1° lit et peut être tentée de favoriser les siens au détriment des autres Alors, je le conçois, il est impératif de défendre l'ensemble de la fratrie (même si le droit pyrénéen coutumier était très inégalitaire cf le sort des cadets) La parentèle de la première épouse défunte comme celle de la seconde sont détaillée mais c'est d'autant plus fructueux pour le généalogiste ! 

 

mineurs de 2 lits.PNG

est comparue le citoyenne Claire Rivère Mongiraud veuve de Guilhaume Loubet del Baile habitant de Boussenac qui nous a dit que ledit feu Guilhaume Loubet son mari décéda il y a environ 3 mois laissant à luy survivant un garçon et une fille , nommés le garçon François Loubet fils du dit Guilhaume et de feue Maria Piquemal Peyrepergut sa première femme, la fille nommée Anne Loubet âgée de 4 ans fille du dit Guilhaume et de la comparante ; et comme il importe pour l'avantage de ladite Anne Loubet qu'il luy soit nommé un tuteur elle a en conséquence fait assembler les parents bas nommés..."  

  

 Dans la seconde partie de l'acte nous trouvons les membres de la parentèle qui peuvent prétendre au titre de tuteur ou curateur et c'est, là aussi, une mine d'or !

 

parents au conseil 1.PNG

 

«  les parents paternels et maternels de la dite pupille et mineure bas nommés, savoir Raymond et François Ponsolle Magaraud frères, parents du 3° au 4° degré des dits pupils et mineurs, Etienne Ponsolle fouichs dit manègue parent par alliance de la dite pupille et mineurs, François Lafitte Fitou, beau frère de la dite pupille et mineurs, Jean, Guilhaume, autre Jean et François Ponsolle Magaraud frères oncles maternels de la dite pupille et mineurs et Michel Galy Faurou, parent du second au 3° degré des dits pupilles... »

 

Dans la même liasse, on trouve aussi de délits de coupe de bois, ce sujet récurrent en Couserans fera l'objet de l'article suivant.


07/08/2022
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Que la future soit catholique !

 

Sous l'Ancien Régime et jusqu'au début du XX° siècle, il était d'usage de demander le consentement du père en cas de mariage, que ce soit sur place ou encore plus, au loin. C'est avant tout, je crois, une question de respect mais aussi une condition pour que la belle-fille soit acceptée dans la famille.

 

Nous avons vu qu'en cas de refus du patriarche, le fils ou la fille doit le solliciter trois fois par un  acte respectueux Ensuite, si le garçon est majeur, le jeune homme peut passer outre le veto de son père... Peut-être à ses risques et périls...

J'ai trouvé dans la généalogie d'un ami, un père acariâtre, qui n'hésita pas à faire incarcérer son fils pour l'empêcher de convoler !!! Sans en arriver aux réactions extrêmes, il faut bien se convaincre que défier l'autorité paternelle n'amène jamais à une situation facile.

Ces consentements sont mentionnés dans l'acte de mariage mais ils ne sont jamais annexés au registre, il faut les retrouver dans les minutes notariales et ce n'est pas toujours facile... ainsi le consentement de Mathieu Laffont del Cardaÿre pour le mariage de François dans la Manche avec Marie Virginie Grandin, le 16 Juillet 1887, est cité dans l'acte mais le notaire de Saint-Girons, qui l'a enregitré, et ses successeurs n'ont pas cru bon de verser ces registres aux AD malgré la loi, et ne répondent pas aux demandes épistolaires

 consentement pour François 1.PNG

 "...dont le consentement audit mariage est constaté par acte dressé par Maitre Edmond Arieu, notaire à Saint-Girons, le 18 Juin dernier ...."

 

On trouve donc rarement ces actes (ou étais-je distraite au début de mes recherches?)

Voici celui de Jean Benazet Lacarre :

 

Benazet Lacarre 1.PNG

 " L'an 1780 et le 12°...

Benazet Lacarre 2.PNG

 "jour du mois de May, après midy, au lieu de Massat de Couserans sénéchaussée de Pamiers, par devant nous Jean François Espaignac avocat en Parlement notaire royal des vallées de Massat et Boussenac sousigné et témoins bas nommés et dans notre étude a personnellement comparu Jean Benazet Lacarre aîné manouvrier habitant de la vallée de Massat qui nous a dit volontairement que François Benazet Lacarre son fils légitime natif de la dite vallée de Massat résidant de présent au lieu de Quillan luy a fait savoir qu'il désire de contracter mariage ..."

 

Il semble que le père impose une clause non transgressable au novi :

 

Benazet Lacarre 3 catho.PNG

 " ....par le présent qu'il veut et consent que ledit Benazet son fils traite et contracte mariage en la forme prescrite par les saints canons et par les règlements du Royaume avec telle personne du sexe qu'il trouvera à propos, pourvu toutes fois qu'elle soit douée de bonne vie et moeurs et qu'elle professe la religion catholique apostolique et romaine ..."

 

Nous avons déjà vu que le Couserans et surtout l'arrondissement de Saint-Girons est intégralement catholique (même avec une petite dissidence de Petchets) cf Abjurer et où sépulturer un protestant . Il faut dire que les guerres de religions furent dévastatrices dans la vallée

 

Par contre, je n'ai pas retrouvé l'acte de mariage de François à Quillan comme le voudrait la tradition de se marier chez la fille, entre 1780 et 1783...

Cela mérite d'autres recherches à Massat, à moins que la Douce, dont on ne connait pas l'identité, n'ait été Protestante ou que, pour autre raison il n'y ait pas eu mariage... A suivre ! A moins que vous n'ayez déjà la réponse ?


07/08/2022
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