aujols-Laffont

Des livres, ça vous tente ?




On trouve tout sur Internet...

Ben, non pas toujours ! Et c'est la première fois que je ne trouve pas un brimborion, un soupçon de piste : rien, nada !

Je vous explique, je prépare des billets à venir sur les romanciers Ariégeois et leurs éditeurs Ariégeois (eux aussi), aux XIX° et début du XX° siècles ; pour les romanciers, c'est bon, j'ai acheté, lu et annoté leurs romans ou nouvelles ; mais pour certains éditeurs Rien !

 

Et pourtant le livre ou les livrets sont là entre mes mains !

 

illustrations blog.PNG

 

Le noyeur d'or.PNG

 

Ces trois nouvelles ne comportent respectivement que 32 pages pour les deux premières et 62 pages pour la dernière. Ce ne sont que de petits fascicules, lointains ancêtres du "livre de poche", de même dimension et donc facilement transportables en voyage.

Mais impossible de trouver quoique ce soit sur les « Editions Couserans » ou même sur l'imprimerie Descoins à Saint-Girons. C'est d'autant plus décevant qu'une Descoins Anne, fille de Pierre et de Rouaix Marie a épousé Laurent Loubet de Paule... Il se peut qu'il y ait un lien avec la vallée de Massat (à démontrer !)

 

illustrations blog 2.PNG

 

Pas d'ISBN, bien sûr, ces ouvrages furent publiés avant 1970, date de l'adoption de l' « International Standard Book Number », l'ISSN n'apparut pour les revues qu'en 1975.

 

Il va donc falloir attendre que je sorte de « ma tute » montpelliéraine pour aller aux AD fouiner dans la série T, 2T6 pour Saint Girons, et retrouver les imprimeurs et les éditeurs. Zut, pourquoi n'y ai-je pas pensé avant !

Finalement, vous n'aurez que les auteurs et ils sont tout de même l'essentiel , les éditeurs...suivront !

 


01/03/2019
3 Poster un commentaire

Contes et légendes

Des contes et légendes, j’en ai lu des palanquées d’Ariège, de Gascogne, des Pyrénées ; pourquoi, me direz-vous ? Tout simplement parce qu’ils représentent l’imaginaire d’une population encore basée sur la transmission orale surtout au cours des veillées ou de grands-mères aux jeunes enfants. Ces histoires de trésors, de fées, de loups ou de fantômes et de sorcières font partie du quotidien de nos ancêtres, c’est leur littérature. Elle peut aussi s’alimenter des faits divers romancés, magnifiés ou idéalisés au cours des siècles ainsi la guerre des Demoiselles ou, plus tôt, l’épopée Cathare, les Romains etc…

Durant mon dernier « furetage » chez mes bouquinistes préférés, je trouve un petit bouquin que je n’avais encore jamais vu : « Histoires et légendes du Vicdessos, « le païs dal foc dal cel »

 

contes et légendes 1.PNG

 

Je l’achète sans enthousiasme car je ne vois pas son contenu : il est très proprement emballé sous plastique transparent. Je me dis qu’une énième version de Jean de l’ours m’attend !

Eh bien non, c’est une autre vision des contes qui m’est proposée avec un partenariat entre un conteur et un historien. Antinomique, on ne peut marier l’imaginaire et les sciences même humaines et pourtant, ils le firent !

Sur les 11 contes proposés, je n’en connaissais aucun dans la version du conteur mais surtout jamais un historien n’avait essayé de démêler la vérité historique qui pouvait avoir été à la source de la légende. Un travail d’orfèvres !

J’ai toujours pensé que les contes avaient été construits à partir de faits réels et historiques dramatisées (ou dédramatisées), enjolivés, déformés par le passage des siècles et le peu de fiabilité de la mémoire humaine ; pour ne donner qu'un seul exemple : Barbe Bleu et Gilles de Rais.

Là, nous en avons une démonstration magistrale et qui plus est, passionnante à lire ! Une acquisition capitale pour ma bibliothèque, le livre est épuisé, il faut donc le chercher sur les sites d’occasion ou chez vos bouquinistes préférés… Si vous le trouvez, n’hésitez pas !

Liste des contes et thèmes :

 

contes et légendes 2.PNG

Le pays du fer (ou comment le Vicdessos apprit à travailler les pierres rouges pour les forger au temps de la Préhistoire)

Les Sarrazins (ou comment la Reconquista et l’épopée de Charlemagne ont suscité des légendes)

Le saint récalcitrant (ou comment une statue risque de mettre à mal une bonne entente entre bergers)

Les truites (ou comment se débarrasser d’un assiégeant obstiné)

L’hérétique (ou comment un curé est convaincu d’hérésie)

La Bouneto Roujo (ou comment se défendre au temps des guerres de Religions)

L’homme aux pierres (ou comment un original devient un paria rejeté, la nocivité de la rumeur)

Les « Incroyables » de Vicdessos (ou comment la « contre révolution » arriva dans les villages)

La folle nue de Suc

L’office des morts

Le sorcier

 

A noter l'auteur de la préface : le docteur Paul Voivenel (dont je vous parlerez dans un autre billet, une fois que j'aurai visité le Musée de Capulet et Junac, je ne l'ai pas encore fait mais on ne peut pas être en "vadrouille" et aux AD !!)

 

J’ai essayé de vous mettre « l’eau à la bouche » par mes indications sans déflorer les contes, pas facile, j’ai tellement envie d’en parler !


11/02/2019
2 Poster un commentaire

La trilogie de Jean Fléchet

Il s'appelle Gaston, né cadet dans une grande fratrie de paysans pauvres d'Ercé. Autant dire que, pour lui, l'avenir ne s'annonce pas brodé d'or et de soie ! Il pourrait épouser sa voisine qui, en plus, ne lui déplaît pas et dont le père fait figure de paysan aisé ; seulement c'est une aïnada, une aînée, fille unique. Il ne pourra pas amener la dot, il n'a aucun droit. Comme beaucoup de cadets, il va devoir se fabriquer son avenir seul et avec son imagination et ses forces comme seuls recours...

Un ourson, bien sûr, il n'est pas le premier à rêver d'en capturer un dans la « tute » de sa mère ; beaucoup de courage et d'audace comme seul investissement ! Une fois le rapt accompli, l'ourson souvent nourri aux dépends de la ration de son jeune maître, l'aventure peut commencer avec, qui sait, la fortune au bout d'un long chemin d'errance.

Gaston est curieux et intelligent, il fait des rencontres, apprend à lire et à écrire avec un vieux colporteur prônant, à la suite de Prudhon, la vie égalitaire au sein des phalanstères. Il côtoie la haute bourgeoisie dans les villes d'eau où les femmes viennent soigner leur langueur ou leur phtisie et les bas-fonds de bien des villes où il fait étape. Et, bien sûr, il rêve de l'Amérique, "pays de cocagne" entre tous...

Découvrez ses aventures, ses rêves et ses déconvenues dans cette trilogie passionnante. Ces romans sont aussi des témoins des mœurs d'autrefois : "Le montreur d'ours", "les colporteurs" et "les années fantastiques"... 

 

Jean Fléchet.PNG

 

Jean Fléchet: réalisateur de films, fondateur des « Films verts »


08/01/2019
1 Poster un commentaire

Une BD pyrénéenne

Pour alimenter ma bibliothèque ariégeoise, j'arpente les vide-greniers, je harcèle (gentiment) mes bouquinistes préférés à Foix et à Montgaillard et l'hiver j'interroge assidûment Priceminister et Amazon. Attention, je n'ai pas un budget illimité : 40 à 50 euros maxi par mois, alors je n'achète pas de livres au-dessus de 10 euros... sinon je n'en ai qu'un ou deux à me mettre sous les yeux et je me retrouve « en manque » !

 

Voilà comment j'ai trouvé les BD de Pertuzé « Les Chants de Pyrène » : 4 tomes de magnifiques dessins à la plume, racontant le périple d'un fils de Notaire et de son guide Ossalois (vallée d'Ossau, Pyrénées Atlantiques, pour les Nordistes) à travers la chaîne.

 

couverture 1.PNGcouverture 2.PNGcouverture 3.PNGcouverture 4.PNG

Il existe aussi une édition intégrale qui regroupe les 4 tomes :

 

couverture édition intégrale.PNG

 

 

Cette BD rappelle les Mémoires des Pyrénéistes français ou anglais du XIX° siècle, qui, tout en se plaisant à parcourir la chaîne, à gravir les sommets les plus réputés, se font raconter par les guides, les colporteurs, les muletiers ou leurs hôtes, les légendes et superstitions de la région. A lire par tous ceux qui ont des ancêtres Pyrénéens et par tous ceux qui sont amoureux d'un graphisme à la plume. Cela peut être une idée de cadeau de Noël ...

 

Un peu déçue tout de même que la vallée de Massat se résume à trois vignettes, selon la bulle, elle a été traversée « au grand galop »  :

 

Massat.PNG

 

Par contre, la vallée des Oussailhers (Oust, Ercé) a droit à plusieurs pages !

 

Je viens de trouver dans les œuvres de Pertuzé, une BD intitulée «Contes de Gascogne », je l'ai déjà mise dans mon « panier » ! En effet, les vallées du Couserans ont une influence gasconne jusque dans leur patois. Il y a peut-être quelque chose à glaner là aussi, en tout cas, j'aurais le plaisir d'une belle BD... 


18/12/2018
2 Poster un commentaire

La faux

Découvert chez mon fournisseur internet récemment, le titre m'a fait penser au « segadou » qui partait gagner quelques sous en numéraire,.

Bon, le prix est modique et l'auteur, René-Victor Pilhes, très connu et passionnant ; je commande.

 

la faux.PNG

 

Ayant déjà une lecture sur le « lutrin », je ne me jette pas immédiatement dessus comme à mon habitude. La Faux attend, donc, une semaine avant de rejoindre mon lit ! Je ne lis que couchée face à une fenêtre ensoleillée ou à la lumière douce d'une lampe de chevet mais toujours armée d'un crayon gris pour souligner ou annoter. L'été, un bon transat au soleil. Je ne conçois pas d'être assise à l'équerre pour lire (à part aux Archives et dans les Bibliothèques, cela va de soi)

 

La révélation : La Faux est un roman généalogique !

 

Un enfant, banni par ses parents, quitte les hautes vallées de l'Ariège, or, trois générations plus tard, son descendant, riche magnat de la Finance, au sommet du pouvoir politique comme économique et adulé de tout son entourage, apprend qu'il est atteint d'un cancer. Il ne lui reste plus que quelques mois à vivre... il décide de revenir en Ariège, pays de ses origines. Est-il devenu fou ? Sénile ? Débile ?

Non, il souhaite seulement découvrir comment ses ancêtres ont vécu. Même s'il continue à diriger son empire à distance, il occupe ses journées à visiter le hameau et à apprendre à faucher !!!

 

Lisez, je ne veux pas vous en dire plus mais vous y découvrirez des êtres d'exception (Augustin), les sentiments de ceux qui sont restés au pays envers « les revenants » ou les Américains.

Mais le personnage central est l'outil indispensable au mountagnol pour approvisionner l'oustal en fourrage et ainsi garantir une relative prospérité. La dextérité du faucheur fait sa renommée dans les vallées mais nul n'a pu surpasser Augustin et sa faux géante...

 

Profitez d'être en compagnie de M, Pilhès pour lire « La Jusquiame »

 

jusquiame.PNG

 

Je l'ai déniché à l'Ivre Livre à Foix où je me ravitaille souvent en « nourriture intellectuelle », le roman semble se dérouler en Couserans ; je me précipite vers « le puits de science » qui règne benoîtement sur ce lieu : il semble avoir lu tous les livres et être aussi un grand bibliophile (ce que je ne suis pas, l'habillage du livre aussi riche soit-il m'importe moins que son contenu) pour lui demander conseil. C'est la seule fois où il me dit ne l'avoir pas lu, j'en reste médusée... pour un euro, allons-y découvrons !

Dans ma tête, la jusquiame est un remède ancestral contre la douleur et surtout contre les maux de dents : en inhalation les graines de jusquiame sont anesthésiantes, elles font « tomber le mal dans la casserole » mais il ne faut surtout pas les consommer en infusion ou autre car elles sont toxiques (hallucinogènes ?) voire mortelles, Je m'attendais donc à être plongée dans le monde des guérisseurs ; pas du tout et au bout de quelques pages, je suis désorientée, perdue. Une seule certitude, de multiples références font penser à la vallée de Massat mais tout est crypté et il faut bien connaître les moindres micro toponymes pour s'y retrouver, les légendes et croyances sont détournées et l'armier se cache derrière un scientifique qui, à l'aide d'un matériel sophistiqué, écoute les morts...

La vallée des « nouveaux venus » est celle de Massat souvent surnommée « la vallée des hippies » qui sont venus nombreux s'installer dans les hameaux isolés et désertés et en ont relevé les ruines. Dubitatifs, les Anciens ont jugé que l'hiver ferait le tri entre « le bon grain et l'ivraie »... résister à plusieurs hivers, voilà le passeport pour se faire adopter, certains ont réussi. Je vous laisse imaginer ce qui se cache derrière la jusquiame...

A lire et relire car on déchiffre le rébus lentement et avec délectation !


03/11/2017
1 Poster un commentaire