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découverte du Couserans




Le Desman des Pyrénées

Je m'aperçois que je vous parle peu de la flore et de la faune de la région, elles firent pourtant partie de la vie quotidienne de nos ancêtres et ils étaient sans doute plus attentifs que nous aux ressources naturelles pour agrémenter la nourriture ou constituer des remèdes

 

Revenons-en au desman, j'ignorais totalement son existence avant d'aller à l'étang de Lhers mais, là, impossible de l'ignorer : il est "statufié" !

 

desman 1.PNG

 " Le desman est un mammifère endémique que l'on trouve uniquement dans des zones environnementales préservées"

 

Il y a sur place quelques panneaux explicatifs mais j'ai essayé d'en savoir plus ce petit mammifère insectivore de la famille des taupes (talpidés pour les puristes) Il a une sous famille à lui tout seul : les desmanidés qui abrite aussi son cousin éloigné de Russie.

Moins présent que l'ours dans les dépliants touristiques et moins sujet à polémiques, il est très discret car difficile à observer, son activité est nocturne. Il vit prés des cours d'eau et des lacs de moyenne montagne. Appelé aussi « rat trompette », il fait partie des espèces menacées et fait régulièrement l'objet de comptage par les passionnés de zoologie.

 

Pour aller à sa rencontre, il faut passer la nuit au bord de l'étang de l'Hers ou plus simplement regarder la vidéo mise en ligne sur le site Sudouest .fr, le 27/05/2015.

Le site Ariège.com, le présente ainsi :

« Rien de plus discret que le Desman des Pyrénées (sa discrétion ne l'a fait découvrir qu'en 1811). Très peu de personnes ont eu l'occasion de l'observer. Il loge à quelques mètres de votre maison, il se cache près de vos pieds que vous rafraîchissez dans le torrent et vous ne le voyez pas... »

 

Ouf ! Cela me rassure, je ne suis pas la seule à ne l'avoir vu que peint sur la porte d'un orri cf Les Orris (Découverte du Couserans) , statufié ou en photo...

 

desman 2.PNG

 

(Sud Ouest du 12 Mars 2015)

!

Mais, récemment, une livre lui a été consacré ! une aubaine : 

 

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03/06/2020
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Le défilé : vie à l'ancienne

 En premier, bien sûr, la vie quotidienne  des campagnes mais, ici, vers le début ou le milieu du XX° siècle, sinon nous ne verrions que des boeufs et des araires ...

 

 

tracteur 1.PNG

 

 La batteuse , encore un progrès du début XX°  qui priva sûrement bien des brassiers d'emploi ; en effet battre au fléau demandait plus de bras !

 

batteuse.PNG

 

 Les "channes à lait " (si un de mes lecteurs connait le nom en patois de ce récipient, merci d'avance de me le transmettre), pas si vieux je les ai connues dans mon enfance. En Normandie les fermières les déposaient devant la ferme pour la collecte. 

 

 

chanes à lait.PNG

 

Les Mérens, princes noirs des Pyrénées ! J'avais projeté cette année d'aller assister à leur transhumance ! Ben là, je crois que c'est raté !! Elle aura certainement lieu cette transhumance, faute de pâturages proches pour les chevaux mais sans fête, ni rassemblement, bien triste ( de plus ma "tute" de confinement est à plus de 250 km de l'Ariège !)

 

chevaux de Mérens.PNG

 

Les porteurs à dos que ce soit du foin ou de la glace, une image emblématique de ces montagnards, durs à la tâche et privés de chemins de communication entre leurs prés et leurs bordes ! Là, où l'âne ou le mulet ne passe pas, l'homme (ariégeois) passe !

 

porteurs de foin à dos.PNG

 

On retrouvera ce courage et cette détermination dans les années sombres de la deuxième guerre mondiale : le passage était impossible..."ils passèrent" ! (stèle commémorative à Kerkabanac) 

 

porteurs de foin à dos. 2.PNG

 

Les Bethmalais reconnaissables à leurs sabots et très applaudis 

 groupe 1.PNG

 

groupe Bthmale 2.PNG

 

 

Un groupe non identifié  

groupe non identifié.PNG

 

 

Et bien sûr les Massatois 

 

liadours.PNG


12/05/2020
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Faisons la fête (en restant confinés)

Il semble bien que toutes les grandes fêtes de l'été, les festivals, les concerts n'auront pas lieu... alors "faute de grives , mangeons des merles" ! et contentons-nous des fêtes précédentes ! C'est confirmé le  29 Avril 2020 !

 

La Gazette ariégeoise en ligne 1.PNG

"La Gazette ariégeoise "

lien avec le site.PNG

 

L'été est animé en Ariège (devrais-je dire était ?), il suffit de bouger un peu et d'aller à Saint-Girons, bon pour se garer, c'est pas facile et il est préférable de prévoir un tabouret ou une chaise pliante pour les Anciens mais le spectacle vaut le déplacement !!! C'est dans le style des « vieilles charrues bretonnes »

 

TOUT le Couserans est là ! Tous sont descendus de leurs vallées pour vous montrer leurs costumes, leurs traditions, leur artisanat et leur vie quotidienne d'antan.

Un «exhibition » près de l'Office du Tourisme présente les métiers ancestraux 

 

Visitons :

 matelassier.PNG

 

Le matelassier, cela vous invite tout de même à un bon sommeil ou à une sieste , non ? On ne peut pas l'essayer sur place mais j'en avais envie ! Tout est cousu main, regardez l'immense aiguille en arrière plan

 

Réveillons-nous, il faut traiter la laine, une fois lavée pour éliminer le suin puis la faire sécher

Un cardeur,.le métier auquel les Laffont doivent leur surnom intervient alors, le cardeur et moi nous avons "taillé une bavette" et sympathisé  !

 

 

cardeur.PNG
 

Ce cadre dont il dispose me semble récent, je pense que mon ancêtre ne disposait que de la Carda, un ustensile à main (cf C comme carda challenge 2015) mais le travail et le but était le même : démêler la laine et enlever les herbes et autres saletés accrochées, bref, la rendre propre à

filer 

 

 cardeur.2.PNG

 

La laine nettoyée, cardée, il faut la filer, elle est remise aux femmes qui vont utiliser la quenouille

offerte, selon la tradition,  lors de leurs noces ! La femme en Couserans n'est jamais désoeuvrée, si elle n'est pas aux champs, à l'étable ou à préparer la soupe, elle attrape sa quenouille...et file !

 

 fileuse.PNG

Ensuite intervient le tisserand, le métier des deux autres frères Laffont du cardeur

 

 

 métier  à tisser.PNG

 

Bien sûr, d'autres métiers essentiels à la vie quotidienne sont présentés, le sabotier (qui me rappelle mes ancêtres Hocry, branche paternelle dans l'Aisne, tous sabotiers sur 6 générations )

 

 sabotier 1.PNG

 

sabotier 2.PNG

 

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colliers en bois et aiguillons.PNG

 

 Le travail du bois peut se faire pendant l'hiver au cantou , sous  condition d'avoir réuni les matériaux pendant la belle saison. Au Printemps, les colliers se vendront et les bâtons aussi

 

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 Sans compter les sonnailles ! C'est tout un artisanat qui se développe lié à l'élevage et à la transhumance 

 

rémouleur.PNG

 

Le rémouleur affûte tous les couteaux, ciseaux mais il ne doit pas avoir beaucoup de clients de Massat...ils ont tous, sans aucun doute, une pierre à aiguiser d'Aleu pour leurs faux et autres outils...!

 

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Le vannier, ici tout le monde a des paniers . Les ingrédients pour les fabriquer ne sont pas loin  

 

balais.PNG

 

Et « se faire beau » chez le barbier.

Quand j'étais petite, mon grand-père Lefèvre, juste après s'être rasé, me proposait de lui faire un bisou sur sa joue toute lisse en disant « Qui veut l'étrenne de la barbe?" Marguerite, ma grand-mère  était présente mais elle laissait la priorité à ses petits enfants !

 

barbier.PNG

 

Suivez-moi, dans le prochain billet pour assister au défilé, c'est superbe : toutes vallées sont là, en costume traditionnel !!!


12/05/2020
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Amountanhada

La première quinzaine de juin est consacrée aux montées d'estives en Couserans, le problème est que je n'ai pas le don d'ubiquité ! Or, les vallées ont à peu près le même calendrier, pour 4 ou 5 vallées (Massat, Oust, Seix ou Haut Salat, Bethmale et Birosse ) tout se déroule sur 2 weeks-ends, les 2 et 9 Juin et il semble que même un Printemps « pourri » comme cette année ne suffise pas à décaler les dates.

En 2016, je vous avais présenté une transhumance de bovins partie de Biert.

Dans le Nord de l'Hérault, j'avais vu dans les années 1970, des transhumances de milliers de moutons et j'avais trouvé le spectacle grandiose. Je voulais donc cette année, vous présenter des ovins que je trouve plus photogéniques parce que plus grégaires, ce qui normalement produit une impression de « déferlante » animale dans les rues...

A Rimont, le 2 Juin devaient arriver des bovins et une centaine de moutons (renseignements pris à la Mairie). Je quittais donc les AD pour rallier Rimont en temps et en heure mais avec les troupeaux peut-on avoir un horaire ?

Les premières vaches arrivèrent avec une heure de retard et les bergers furent en but aux plaisanteries : ils avaient flâné en route, s'étaient levés tard ou pire... en patois !

 

Rimont 1.PNG

 

Rimont 2.PNG

 

Mais aucun mouton ne suivit ! Zut, encore des bêtes à « grosses cornes » comme disaient nos ancêtres dans les contrats de « gazaille ».

 

Attendons le 9 Juin, montée du Haut Salat (Seix, vallée voisine de Massat, sans doute encore des vaches) et en Béthmale à Moulis où 900 brebis sont annoncées. J'opte et me précipite vers Moulis, une vallée que je n'ai pas encore visitée et la journée fut passionnante !

 

A peine la voiture garée, c'est une transhumance de chevaux qui arrive, un peu prise de cours, j'ai photographié plus de croupes que de têtes... ce qui m'a étonné c'est que tous les chevaux ont un cavalier, je m'attendais à un troupeau libre et canalisé par quelques cavaliers.

 

Moulis chevaux1.PNG
 

Inquiète de ne pas voir les bêtes à laine, j'interroge autour de moi (quitte à passer pour une touriste), certes les brebis sont plus lentes mais elles arrivent et en attendant l'ambiance est vraiment festive, tout le monde se parle, échange des nouvelles (même avec l'étrangère que je suis) et un accordéoniste en sabots maintient le moral.

 

C'est une sorte d'euphorie qui s'empare de tous ceux qui attendent : « Ils sont où ? », « au cimetière de Lerbat », « Bon, ils ne sont pas loin ! » et chacun d'estimer l'heure d'arrivée ; même la Maréchaussée est tolérante

Quelques stands aident à patienter ; là aussi on échange et, pour moi, j' apprends beaucoup, je fais la connaissance du sabotier de Bethmale

(il faudra que je vous le présente dans un prochain billet), j'achète un très beau tee-shirt, apprend que l'an prochain les marques de troupeaux gravées sur ardoises seront commercialisées (j'y serai!) 

 

ardoises.PNG

 

Les brebis n'arrivent toujours pas mais de gros rochers fort peu rembourrés servent de sièges en écoutant le virtuose de l'accordéon. A côté une sculpture, il faudra que je me renseigne sur son auteur avant de vous en parler !!! 

 

Enfin ! Les voilà ! Premier indice, la voiture avec warning et portant le panneau rouge « Transhumances ». Vite l'appareil photo, je vous laisse admirer le spectacle

 

moulis les voilà.PNG

 

 

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 (à gauche, l'accordéoniste en sabots qui nous fit patienter de manière si agréable, avec un répertoire très varié)

 

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Moulis troupeau 2.PNG

 

Les chevaux ont continué leur route mais les brebis comme les bergers vont manger et se reposer à Moulis avant de monter vers les alpages

 

repos avant l'estive.PNG

 

La neige très abondante cet hiver ne semble pas avoir totalement fondu sur les hauts sommets

 

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08/07/2018
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L'armier (ou armière)

C'est un personnage effacé mais un personnage clé de la société ariégeoise qui craint tellement le « paranormal ». Il existe très peu de renseignements à son sujet aussi bien dans la littérature ariégeoise que chez les folkloristes.

J'aimerais, pour tout vous dire, rencontrer un armier ou une et savoir comment ce « don » (dont a priori je ne doute pas) mais que l'intéressé lui-même souvent ignore, se manifeste dans sa vie quotidienne.

Or, vous êtes nombreux à être nés dans la nuit du 24 au 25 Décembre aux alentours de minuit ; m'apporterez-vous des témoignages ?

Pour moi, je suis née beaucoup trop tôt : le 9, quelle dévaine !

 

 

Adelin Moulis ne lui consacre que 3 pages de son ouvrage « Croyances, Superstitions, observances en pays de Foix » (p 44 à 47) pour noter ses deux pouvoirs : converser avec les morts et « barrer » les sorts jetés par les sorcières ; il atteste la présence d'une armière à Fougax et Barrineuf au début du XX° siècle et nous livre quelques détails sur les armières du Pays d'Olmes.

 

Apparemment leurs communications arrivent par « flashs » dirions-nous et elles n'hésitent pas à se déplacer pour rendre visite aux descendants du défunt et leur faire part du ou des messages reçus :

 

Moulis.PNG

 

Une mention également dans la revue Folklore n° 20 année 1940-41 (p 112 à 114), toujours dans le Pays d'Olmes à Lavelanet et à Montségur, relate le même type d'intervention : l'armière ne demande aucune rétribution mais se voit offrir des cadeaux en nature qu'elle ne peut refuser, ne serait-ce que par politesse.

Bien peu de textes à se mettre sous les yeux !!

 

Mais, en y réfléchissant, leurs vies devaient être difficiles voire insupportables, justement à cause de ces manifestations spontanées du paranormal ; et comme tous les êtres ayant des « dons », cela perturbe leur vie quotidienne et ils se sentent fautifs s'ils ne remplissent pas leur "mission".

 

Alors, lorsqu'au cours d'un salon du livre à Soueix, mon regard croise un roman de Denise Déjean intitulé « L'armier », je me fige net ! Je me précipite sur l'ouvrage que son auteur(e) me dédicace très aimablement et le soir même, je le « dévore » d'une traite puis je le relis plus sereinement.

Et c'est bien cette ambivalence du don paranormal que nous présente Denise Déjean dans son héros Rédouane, il ne provoque pas la vision, il la subit, il en est victime ; puis, tant que le trépassé n'est pas « vengé » ou rétabli dans son honneur, il ressent une angoisse terrible qui le contraint à éclaircir les circonstances du décès du trépassé insatisfait.

 

Le jeune Redouane, né pendant la nuit de Noël mais au Maroc, découvre fortuitement son don lors de fouilles archéologiques et ne le maîtrise pas, il en est d'autant plus perturbé.

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La carrière que souhaite embrasser Redouane risque de lui réserver bien d'autres visites de disparus : archéologue ! Mais il détient un atout majeur : ses flashs pour découvrir les causes du trépas.

 

Faustus puis Ysarn le contactent pour une réhabilitation posthume qui, avant d'être réalisée les enchaînent à ce bas monde.

 

livre Denise Déjean.PNG

 

 

Bien que ces romans soient classés dans la « littérature de jeunesse », ma carrière de documentaliste m'a préparé à m'intéresser et à apprécier tous les genres de littérature et à en extraire « la substantifique moelle »

 

Longue vie à Redouane, j'attends déjà le prochain défi auquel il sera confronté, l'année prochaine ?

 

Voir aussi A comme Armière Challenge 2016


25/11/2017
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