aujols-Laffont

E comme Exposition


Cette peine connue sous le nom de pilori sous l'Ancien Régime fut abolie à la Révolution puis rétablie quelques années plus tard, sous une forme différente. Il n'était plus question du carcan de bois qui emprisonnait le cou et les poignets du condamné et le livrait ainsi à la fureur de la foule : le délinquant que l'on désirait flétrir était lié à un poteau disposé sur une estrade pendant une heure et demeurait exposé à toutes les injures de la population sur une place publique, en général un jour

d'affluence : foire, marché.

Cette peine qui accompagnait ou non, une condamnation aux travaux forcés était laissé à la décision du jury qui ne la prononçait pas systématiquement. Le nom du condamné et son crime était porté sur un écriteau, la peine visait à faire honte au criminel, à le déshonorer, lui et sa famille, et peut-être aussi à permettre au public de le reconnaître en cas d'évasion.

 

L'exposition fut définitivement abolie, par décret, le 12 Avril 1848, pas forcément par humanité, ce siècle n'était pas tendre avec les criminels voire les simples délinquants... On risquait le bagne pour un vol. C'est la fréquence de cette peine et le fait qu'elle ne produisait pas forcément l'effet escompté, parfois même un déroulement jugé scandaleux par le législateur, qui amena à sa disparition.

 

Nous avons déjà rencontré Tragine dit le "bandit de l'Ariège", il fut, bien entendu, condamné à cette peine infamante, le 14 Avril 1841, à Foix sur la Place Saint Volusien, un jour de foire. Voici ce que relatent les journaux de l'époque :

 

exposition Tragine.PNG

                                                                         (Journal de Toulouse du 16 Avril 1841 Bibliothèque Numérique de Toulouse )

 

Loin d'être insulté par la foule, on lui jette des pièces de monnaie "et même des pièces d'argent" ! La même scène est relatée par le "Mémorial des Pyrénées" le 17 Avril et provoque une réaction indignée du journaliste :

 

Tragine 2.PNG

 

C'est dire que "l'opinion publique" n'était pas hostile à Pierre Sarda et le considérait plutôt comme une victime, au grand dam des autorités !

Et les bourreaux s'employèrent à ramasser les pièces destinées au condamné... un comble ! Mais en a-t-il vraiment profité ? Avait-on le droit d'avoir un pécule au bagne ?

 

 

 

       



12/05/2016
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