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Les Laffont del Cardaÿre dans la Grande Guerre : les Morts pour la France 2

Ouf ! Cette funeste demi-année de guerre se termine, espérons que les suivantes ne verront pas d'autres « manquants » dans la famille ! Les vœux traditionnels  de Nouvel An reflètent cet espoir qu'il ne manque personne dans une famille «  a l'an que ben, que se siam pas mai que siguem pas mens »* et la tradition (assez récente) de la carte postale à ceux qui sont loin du pays se transforme, guerre oblige, en carte patriotique :

 

carte de voeux 2015 2 + petit.png

 

Et pourtant, l'année 1915, fera encore une autre victime chez les Laffont :

Pierre naît au hameau des Eychards, le 23 Octobre 1873, fils de Nicolas et de Marie Subra Buissos.

 

Sa « carrière » militaire est sans histoire, il rejoint le 59° RI de Foix, le 13/11/1894, le 24 Septembre 1895, il fête « la quille », rentre dans sa vallée, peut-être avec la tête un peu lourde... En 1897, il « passe » dans la réserve, et peut se croire tranquille et délivré de ses obligations militaires... Le 24 Novembre 1897, il épouse Jeanne Piquemal Moussou, née au hameau d'Eycherboul.

Mais voilà, le 1° Août 1914, tout bascule, c'est la mobilisation générale ! Et Pierre part ! Il arrive le 14 Août, il ne s'est pas pressé … alors miracle ! Il est renvoyé « dans ses foyers » le 19 Août. Jeanne doit être soulagée !

 

Pierre +1915 mobilisation.PNG

 

Sauf que le miracle ne dure qu'à peine trois mois...voilà que Pierre se retrouve dans les combats.

Il change plusieurs fois de régiment avant d'intégrer le 110° RI et d'y trouver la mort, le 30 Septembre 1915 à Valmy, suite à des blessures de guerre.

Qu'en dit le JMO de ce régiment ? Pas grand chose, juste un état des pertes :

 

JMO 110 RTI 30-9-1915 vue 4 + petit.png
 

Valmy, si mes souvenirs sont exacts, c'est la première bataille de la Marne. Voyons sa fiche de Mémoire des Hommes :

 

 Laffont Pierre + petit.png

 

A quoi ressemblait Pierre, il savait lire, écrire et compter et il était blond, plutôt petit et avait les yeux bleus :

 

Pierre +1915 physique + petit.png
 

 Il fut le seul Laffont de Boussenac à tomber en 1915.

 

Mais Jean Joseph Laffont, né à Soulan le 15 Mars 1895, tombe lui aussi à Hebuterne (Pas de Calais) le 8 Juin 1915 :

 

 laffont Jean Joseph de Soulan + petit.png

 

Est-il un Laffont del Cardaÿre, c'est possible, mais la Mairie de Soulan n'enregistre pas ou rarement les sobriquets (il faut préciser que ce village est un peu « hors » de la vallée même s'il fait partie du canton de Massat, il a plus de relations avec la vallée d'Oust ou avec Saint Girons). Pour faciliter la recherche, Jean Joseph dépend du bureau de recrutement de Nîmes ! Aucune trace d'un Jean Joseph, classe 1915, aux AD 30 dans les registres matricule...On ne sait jamais, une erreur peut se produire, vérifions aux AD 09, là, rien non plus !!

 

Et pourtant, il existe bien un acte de naissance de ce Poilu, à Soulan mais sans sobriquet. 

 

° Laffont Jean Joseph 15-3-1895 Soulan + petit.png

 

 

Pour vérifier, il faudra retrouver le mariage des parents … mais le père s'appelle Jean !! et je vois la galère arriver ( challenge 2016 J comme marier Jean) D'après les tables décennales, le mariage a eu lieu le 28 Janvier 1894 et Jean Joseph est le premier-né ; voyons si le sobriquet de Jean figure sur son acte de mariage... pas de chance :

 

X Jean Laffont Soulan manquant + petit.png

 

Seule solution maintenant, un acte notarié mais il ne sont pas en ligne....

 

 Il me faut encore vous présenter Paul Laffont :

 

Laffont Paul +petit.png 

 Il a été blessé le 17 Juin 1915 « à la tête et à l'épaule gauche » et remis sur pied, il rejoint son régiment le 59° RI. De quoi est-il mort ? Nous n'en saurons pas plus avant 2037... puisque les dossiers médicaux sont soumis à un délai de 120 ans avant communication. Je ne suis pas sûre que les archives de l'hôpital de Lézat (si elles existent aux AD) apportent une réponse mais je vais y jeter un œil.

 Il ne mourra pas au front, mais en Ariège, dans un hôpital à Lézat sur Lèze , « des suites d'une maladie contractée en service ».

Les maladies les plus fréquentes sont la tuberculose pulmonaire, la pneumonie, ou vers la fin de la guerre, la grippe espagnole, conséquences directes de mois dans les tranchées dans des conditions épouvantables, de promiscuité et d'hygiène inexistante . Mais d'autres « maladies » neurologiques ou psychologiques atteignent les Poilus, tremblements incontrôlables, prostration, voire la démence. Je me demande d'ailleurs comment nos Poilus n'ont pas tous sombré tant leur condition était inhumaine...

 

Sauf que Paul est le frère aîné de David Narcisse tombé au champ d'honneur dès le début de la guerre ! Sur trois fils, il ne reste que Jean, le cadet, qui a été fait prisonnier le 23 Août 1914 à Bertrix et, est détenu depuis à Zorsen. Seule note positive, Jean reviendra sauf en 1919 !

 

 

 



31/03/2017
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