aujols-Laffont

E comme Ecclésiastique

 

Autrement dit, en patois, "le Ritou". Le Recteur dans d’autres régions du Nord de la France, c’est le curé

« Quin anats, Moussù l’ritou ? Comment allez-vous Mr le Curé ? » (dictionnaire du parler Biertois / Roger Toulze tome 3 p.353)

Il est réputé riche car on lui paie les messes et personne ne sait combien l’Evêché le rémunère ; mais en général, dans les petits villages de montagne, il vit comme les paysans, pas pire, peut-être un peu mieux.

 

les soutanes vertes.PNG

 

Sous l’Ancien Régime, il prend la part congrue de la dîme, les chanoines s’appropriant le meilleur de la « charité » obligatoire des fidèles. Le vicaire est encore plus mal servi ! Un certain nombre des ces prêtres ont vraiment la vocation, tant mieux car dans les vallées du Couserans, ils n’engraissent pas ! Une vallée pauvre nourrit mal son curé et des chemins défoncés ne facilitent pas la tâche pour apporter le « Saint Viatique » aux mourants. Le curé normalement se doit par tous les temps d’apporter le secours de la religion à ses paroissiens et ce n’est pas une synécure même avec une mule !

Les chanoines sont mieux lotis par l’Evêché du Couserans mais l’un d’entre eux doit chaque année assurer le service de l’église de Biert et les volontaires ne semblent pas se bousculer !!

Dans quel état est le presbytère ? Lui fournira-t-on suffisamment de bois de chauffage ? De plus le nombre des messes rémunératrices est moindre qu’à Massat (peu de notables), l’immense paroisse qui couvre la vallée sous l’Ancien Régime.

Et pourtant il faut éviter la « mâle mort » à tout prix, celle qui vous prend par accident ou sans le secours des sacrements qui vous garantissent l’entrée au Paradis (ou au moins le Purgatoire).

Mourir sans sacrement, c’est le pire qui puisse arriver pour le vieillard, l’accidenté, le nouveau-né ou la femme en gésine, ces âmes peuvent être condamnées à errer ! C’est une source d’angoisse pour la communauté du village ou du hameau mais aussi pour le Ritou

Certes il bénit, inhume en terre consacrée dans le cimetière mais dans la croyance populaire le défunt risque de rester et …d’importuner les vivants…

Le Ritou a un pouvoir que personne d’autre ne détient, il sait tout de ses ouailles grâce à la confession… soumise au secret, certes, mais qui lui permet de faire pression sur les paroissiens riches ou pauvres.

Il peut aussi refuser d’inhumer en terre chrétienne les suicidés, les pêcheurs, les hérétiques (cf Abjurer) et même les enfançons morts sans ondoiement ou baptême. A Massat, comme dans tous les cimetières de France, un carré est réservé à ces réprouvés par l’église. Ils étaient parfois inhumés de l’autre côté du mur ceinturant le cimetière.

 

Le Livre de la Fabrique de l'église de Massat nous indique les rémunérations du curé et des vicaires au moment de la séparation de l'"glise et de l'Etat :

 

Traitement curé ett vicaires 1906.PNG

"Le conseil devant continuer ses fonctions jusqu'à l'établissement d'une fondation qui le remplacera, le président a fait observer que le clergé étant privé de son traitement en tout ou en partie à dater du 1° Janvier 1906, il est du devoir de la fabrique pour assurer l'exercice du culte  de reconstituer à cette même date le traitement tel qu'il était auparavant au taux de 1200 fr pour le curé et 700 fr pour chacun des vicaires par an. Au cas où une pension ou allocation serait attribuée par l'Etat au curé ou aux vicaires, la fabrique ou l'association n'aurait à ajouter la somme nécessaire pour compléter le traitement de 1200 fr pour le curé et 700 fr pour chacun des vicaires..."

 

 

Pour le généalogiste, il y a aussi le « bon » ou le « mauvais » curé ! Je m’explique le « bon » écrit bien, sait fabriquer une encre lisible et prend sa tâche « administrative » au sérieux, n’oubliant aucun patronyme ou prénom, aucune filiation dans les mariages etc … Le « mauvais » dispose d’une encre allongée d’eau pour s’éviter la peine d’en refaire, écrit à la va-vite, mal et oublie des prénoms, des dates voire pire Et malheureusement, les curés de la vallée de Massat ne sont pas des scribes scrupuleux sauf me semble-t-il en cas d’actes concernant des notables Tiens, pourquoi ? quelques livres ou sols en plus ?

 

 

 

 





 



08/12/2019
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