Les Laffont del Cardaÿre dans la Grande Guerre : les Morts pour la France 3
En 1916, le 13 Mai, Jean Pierre Laffont del Cardaÿre tombe à l'ennemi. Il est né dans la commune de Boussenac au hameau de Mouréouet, fils de Jean Pierre et de Marie Piquemal Cabos, le 24 Septembre 1890. Et il semble avoir une personnalité particulière, en effet, il est un aîné et même un fils unique (je n'ai pas retrouvé de filles) et son frère cadet est mort à 9 mois. Mais il a une enfance chaotique, sa mère décède alors qu'il n'a que 6 ans (le 3 Juin 1896) et son père se remarie deux fois ; a-t-il des « demi » frères ou sœurs? L'état civil n'est pas en ligne pour le début du XX° siècle.
En tout cas, Jean Pierre est de la classe 10 et déclaré « Bon pour le service » mais au lieu de faire son service normal d'un an à cette époque, il s'engage pour 4 ans, lui, l'aïnat, l'héritier !
L'armée semble lui réussir : 1°classe en Juin 1911, caporal en Septembre, sergent en Octobre 1912 et enfin adjudant le 26 Novembre 1915 ; il a trouvé comment s'épanouir avec son bagage banal de 3, il monte les échelons assez rapidement (gageons que sous l'Empire le premier, il aurait pu finir colonel!)
Mais la « faucheuse » l'a frappé à Jubécourt (près de Verdun) dans la Meuse, le 13 Mai 1916.
Il est malgré tout, le plus gradé des Laffont del Cardaÿre tombés pour la Patrie et aussi le seul à avoir été décoré deux fois :
« chef de section de mitrailleurs, malgré un feu violent d'artillerie lourde bouleversant les tranchées et les plateformes qui supportaient les pièces a su maintenir sa section et arrêter à deux reprises les grenadiers ennemis »
Puis une autre citation à l'ordre de la Division signée Pétain ! « Bon chef de section de mitrailleurs déjà cité pour sa belle attitude au feu. A trouvé une mort glorieuse le 13 Mai 1916 en accomplissant son devoir... Croix de guerre étoile d'argent » :
Il devait sans doute avoir un caractère « fougueux », assez irrascible, mais inhérent, paraît-il, aux Massadels ! Et son enfance, peut-être malheureuse depuis le décès de sa mère, n'avait fait qu'accentuer ce trait ; mais physiquement, voilà son portrait « militaire »
Lui aussi est blond aux yeux bleus (je ne m'attendais pas à en trouver dans mes ancêtres Ariégeois! je les imaginais plutôt de type méridional...)
Voyons, dans le JMO du 296° RI, quelles sont les circonstances de sa mort.
Surprise car le Journal indique des conditions plutôt calmes :
On peut légitimement se demander à quoi correspond une journée et une nuit "relativement" et "assez" calmes quand on voit l'état des pertes consigné à la suite :
11 morts, disparus ou blessés ! De quoi relativiser les correspondances des Poilus lorsqu'ils écrivent à leur famille que leur secteur est "assez calme" !
Jean Pierre sera le dernier à donner sa vie "pour la France" dans notre famille.
Je viens de remarquer que le JMO indique le numéro de matricule d'arrivée au Corps et non celui du recrutement, il faut dire que Jean-Pierre est le premier sous-officier que je rencontre et, dans la plupart des JMO, les soldats morts au front ne sont pas nommément inscrits... juste signalés dans les pertes chiffrées!!
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