aujols-Laffont

Un apprentissage retenu sur hoirie

En Janvier 1782, le 6 exactement, François Laffont del Cardaÿre teste devant M° François Delage qui s'est déplacé au hameau (« parsan») des Eychards :

 

testament François 1.PNG

« dans la maison du testateur cy après nommé ; fut présent et constitué en personne François Laffont del Cardaÿre brassier habitant dudit parsan des Eicharts, lequel étant couché dans un lit de ladite maison atteint de maladie corporelle non contagieuse étant néanmoins en ses bon sens mémoire et entendement, bien voyant oyant parlant et parfaitement connaissant et généralement doué de de toutes les qualités requises pour pouvoir valablement tester ... »

 

Après avoir demandé des messes hautes et basses et à être sépulturé avec ses ancêtres, François énumère les droits de Jeanne Marrot, sa seconde épouse (il est veuf en premières noces de Marie Galy Cabeilh) puis il distribue ses biens à ses 7 enfants vivants 4 garçons (dont Paulet né du premier lit) et trois filles (la seconde Marie a dû décéder en bas âge) :

 

François Laffont 2.PNG

 

Chaque garçon aura 60 livres et chaque fille des dotalices d'un montant de 50 livres

 

50 livres pour chaque fille.PNG

« ...le tout payable à chacune desdites Paule, Marie et Catherine Laffont lorsqu'elles trouveront parti de mariage ou lorsqu'elles auront atteint l'âge de 25 ans... »

 

Seul Jean-Baptiste n'aura que 12 livres parce que son apprentissage a coûté 48 livres que son père déduit de son hoirie.C 'est un cadet et il a un métier, il peut donc subvenir à ses besoins sans subir la loi de l'Aïnat...C'est un avantage appréciable.

 

apprentissage retenu sur héritage.PNG

« sauf qu'il ne sera paÿé audit Jean-Baptiste que la somme de 12 livres pour fin de payé de celle dite de 60 livres, attendu que le testateur a dit luy avoir payé par avencement de ses droits, la somme de 48 livres qu'il a fournis pour ledit Jean-Baptiste Laffont pour les frais d'apprentissage du métier de tailheur, le testateur prohibant audit Jean-Baptiste Laffont son fils de demander autre somme que celle de 12 livres ; »

 

François lui a choisi un métier sédentaire et peu exigeant physiquement, Jean-Baptiste est-il un enfant chétif ou handicapé ne pouvant assurer les travaux pénibles, il n'hérite d'aucune bête pas même de ruches comme ses frères.

Qui plus est, le même Jean-Baptiste teste le 2 Décembre de la même année 1782 ! Pourquoi le Notaire note-t-il que le testateur est assis sur une chaise dans son étude ?

 

testament JB assis sur une chaise.PNG

« fut présent et constitué en personne Jean-Baptiste Laffont del Cardaÿre garçon tailheur pour homme habitant du parsan des Eicharts en la vallée de Boussenac, lequel étant assis sur une chaise dans notre dite étude sain de corps... »

 

Les autres clients de l'étude restent-ils debout ou le notaire veut-il suggérer une chaise qui est indispensable pour le jeune homme? C'est une mention que je n'ai jamais rencontrée auparavant pour ceux qui testent au domicile du Notaire.

Certains métiers comme tailleurs ou cordonniers conviennent mieux à des personnes à mobilité réduite ou difficile parce que sédentaires et pratiqués assis le plus souvent.

Impossible d'affirmer que c'est le cas de Jean-Baptiste, pourtant l'hypothèse peut être formulée (à ce jour, je ne lui connais pas de descendance) et dans son testament, il lègue à sa mère et à son frère aîné.



18/02/2018
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