aujols-Laffont

Une industrie : le travail de la corne

Nous partons sur la piste de l'industrie du peigne.

Dans la Gazette ariégeoise, un article rend compte du succès de la conférence et de la visite du dernier atelier fabriquant des peignes en cornes à Lesparrou.

 

 article la Gazette.PNG

(La Gazette ariégeoise 14-4-2017)

 

Certes, ces industries sont surtout centrées sur le Pays d'Olmes mais il en existe aussi au Mas d'Azil ; ma complice de recherches, Annie, est justement descendante de « peigniers » et me fournit un livre très instructif : Paroles de peignier, mémoire ouvrière en Pays d'Olmes /Matignon- Benech, Christine .- Conseil Général de l'Ariège.

 

Après avoir assisté à la conférence qui fut passionnante, visitons l'atelier. Voulez-vous nous suivre ?

 

départ de la visite.PNG

 

Monsieur Azema Bigou nous expose le déroulement de la visite au cours de laquelle il nous fera une démonstration de chaque machine.

 

Premier travail, après réception des cornes, le sciage : la partie noble, la plus grosse sera conservée pour les peignes.

le sciage 2.PNG

 

Et le résultat

le sciage 2bis sans personnage.PNG

 

Dans chaque morceau de corne, on pourra fabriquer un peigne, voire deux suivant le modèle.

Mais rassurez-vous, un Ariégeois ne gaspille rien !

Les pointes deviendront des manches de couteaux et de fourchettes ou des tuyaux de pipes.

 

les pointes qui seront valorisées.PNG

 

Même les chutes seront recueillies et valorisées, la « cornaille » est un fertilisant naturel riche en azote et très prisé.

 

la cornaille engrais.PNG

 

Voici son prix actuel :

 la cornaille engrais 2.PNG

 

 

Revenons-en au peigne, la corne est sciée certes mais encore bombée...il va falloir l'aplatir et le voilà mon migrant qui intervient ! En fait, dans le jargon du métier, il est biscayeur : il va chauffer la corne pour l'assouplir et la rendre plus malléable puis la laisser sous presse pour qu'elle devienne plane.

L'atelier de Lesparrou est équipé des machines les plus élaborées du XX° siècle :

 

applatissage 1.PNG

 

Auparavant le travail était plus artisanal et délicat, en particulier sur le temps de chauffe (il fallait assouplir la corne sans la brûler bien sûr) et la cadence de production était moindre :

 

 le biscayage.PNG

( in Paroles de peignier / Matignon-Benech Christine p 20)

 

Après le biscayage, il y a encore bien des étapes avant d'obtenir un peigne, le découpage

 

1° ébauche de peigne.PNG

 

puis le taillage des dents

 

 comment tailler les dents 2.PNG

OK, un genre de disqueuse mobile, mais comment faisait-on avant avant l'invention de cette machine ?

 

Voici une première ébauche du peigne

 

après le taillage.PNG

  

A ce stade, personne n'achèterait de tels râteaux, il faut les polir

 

le polissage.PNG

 

Et voici le résultat :

 

peigne plus ressemblant.PNG

 

Il faudra encore quelques étapes pour que le peigne soit prêt pour la vente, son attrait réside dans sa coloration : aucun peigne proposé sur le marché ne se ressemble. Blanc, gris clair ou foncé, marron ou ocre, veiné ou non, votre peigne sera unique et il vous aura séduit parmi tant d'autres !

 

En plus il a un effet bénéfique, paraît-il, sur votre chevelure : la kératine est un composant de la corne et du cheveu.

Dans l'entrée de l'usine, une publicité nous rappelle les bienfaits du peigne en corne

pub dans le hall de l'atelier.PNG

 

Bien, me direz-vous une visite instructive mais tout cela se passe en Pays d'Olmes, bien loin de la vallée de Massat...

Il existe pourtant un lien entre les vallées de Massat et Oust et les peigniers mais il faudra lire le prochain billet...

 

Curieusement, l'autre grand centre de fabrication de peignes en corne se situe en Normandie à Ezy sur Eure et un musée lui est consacré :

 

en Normandie Musée.PNG

 



31/01/2019
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